HORIZONS CHRÉTIENS
#_Horizons_Chrétiens #Yann_Opsitch Qc_1093
Première partie de la revue (1/3)
REVUE TRIMESTRIELLE Revue 5, Volume No.1, 1976
ÉDITORIAL : « LE MESSIE », film de Roberto Rosselini, ouvre sur l'épisode au cours duquel le prophète Samuel cède aux Israélites qui veulent un roi. L'intention du metteur en scène est évidente. Le contraste entre le roi voulu par les hommes et le roi choisi de Dieu reste frappant tout au long du film.
Pourtant, Rosselini se croit athée. Mais cet athée est d'accord avec le philosophe Hegel : « Toute l'histoire humaine tend vers le Christ ; l'apparition du Fils de l'homme est l'axe de l'Histoire mondiale. », (« La vie Protestante », 28 mai 1976).
Même les athées savent reconnaître la prééminence de Jésus-Christ. Ils se trompent sur Sa nature divine et la réponse qui doit être donnée à Son appel, mais leur conception de Jésus est parfois très élevée. II n'en est pas toujours de même des chrétiens.
Devant 20,000 personnes, l'archevêque de Lyon a déclaré le dimanche 25 juillet que « le pape est le seul pasteur », (« Les Dépêches », 27 juillet 1976). Mais si le pape est le « pasteur », il est donc, du même coup, le seul sauveur des brebis, Jean 10.11-12 ? !
D'où viennent les disputes entre ceux qui se disent chrétiens ? Ne faut-il pas répondre, comme Paul, par une interrogation : « Christ est-Il divisé ? Paul a-t-il été crucifié pour vous, ou est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? »,1 Corinthiens 1.13. La réponse est évidente : Christ n'est pas divisé. Aucun homme n'a été crucifié pour notre salut. Nous n'avons pas été baptisés au nom d'un homme, mais au nom de Jésus-Christ.
Si donc il y a des divisions, c'est qu'on a oublié :
a) Qui est Jésus-Christ ;
b) Ce qu'll a fait pour nous ;
c) L'engagement que nous avons pris envers Lui.
Seul Jésus-Christ est Messie : Seul ! Il est oint de Dieu pour être, à perpétuité, Souverain Sacrificateur et Roi, Hébreux 7.1-3.
Le jour où le monde « chrétien » le prendra pour Médiateur et pour Roi en se soumettant à son Autorité Royale, il n'y aura plus ni hérésie, ni schisme, ni sectes. Alors, Christ – le Messie – sera « tout en tous », Colossiens 3.11.
Aujourd'hui encore, prêchons Jésus-Christ et Lui crucifié.
LA TRADUCTION OECUMÉNIQUE DE L'ANCIEN TESTAMENT
Depuis plusieurs mois déjà, un second volume de la TOB, (Traduction Oecuménique de la Bible) est en vente.
Cette nouvelle traduction s'appelle oecuménique parce qu'elle est le travail d'environ 60 biblistes catholiques et protestants. Chaque livre que contient l'Ancien Testament a été traduit par un comité composé de savants appartenant principalement aux deux confessions.
Du point de vue de la traduction, un travail d'équipe présente des avantages certains ; la collaboration de nombreux savants certifie l'objectivité de la traduction.
I. L'ORDRE DES LIVRES : – Les lecteurs seront sans doute surpris de l'ordre des livres de la TOB. Dans cette traduction, un effort a été fait pour revenir à la tradition palestinienne pour ce qui est de l'ordre des livres.
Cet ordre est le suivant :
1- Les livres de la Loi, (Thora).
2- Les livres des Prophètes, (Nebiim).
3- Les Écrits, (Kethubim).
Cet arrangement des livres de l'Ancien Testament n'est pas le fuit du hasard. Les livres de la Thora viennent d'abord car ils constituent la base de la religion juive. La Thora est composée des cinq premiers livres de la Bible. Dans les Nebiim, on trouve : Josué, Juges, I et II Samuel, I et II Rois, Ésaie, Jérémie, Ézéchiel, les 12 petits prophètes.
Le livre de Daniel a été placé parmi les Kethubim, conformément aux plus anciennes traditions juives.
La TOB comprend aussi les livres deutérocanoniques, (ou les Apocryphes) que les Juifs d'Alexandrie, au 2ème siècle avant Jésus-Christ, avaient ajouté aux livres de l'Ancien Testament. Toutefois, il n'est pas prouvé que ces livres aient été considérés comme canoniques par l'ensemble des Juifs qui vivaient hors de Palestine.
II. LES MANUSCRITS DE BASE À LA TOB : – Les manuscrits de l'Ancien Testament qui ont été utilisés par les traducteurs de la TOB sont, principalement, ceux du moyen-âge, (par exemple : le Codex de Leningrad). Toutefois, les textes de Qumrâm s'avèrent toujours utiles dans le travail de traduction ; bien que mille ans plus anciens, ils se comparent favorablement avec les manuscrits de la Bible hébraïque qui sont couramment reçus et utilisés.
À ce propos, il faut rappeler que les manuscrits du moyen-âge, bien qu'ils soient plus tardifs que ceux de Qumrâm, n'en sont pas moins des copies authentiques des Écritures hébraiques. La copie des textes sacrés, travail des Scribes et des Massorettes, se faisait avec le plus grand sérieux. Les Juifs vénéraíent à ce point les textes sacrés qu'ils brûlaient toute çopie qui n'était plus en bon état, ce qui explique pourquoi nous ne possédons pas un nombre plus grand de copies de la Bible hébraïque originale. Les copies que nous possédons suffisent néanmoins à certifier l'authenticité des textes bibliques tels que nous les avons à l'heure actuelle.
III. LES NOTES : – La TOB se veut non seulement une traduction, mais en outre, un commentaire du texte biblique : Commentaire philologique, historique et théologique.
Malgré l'érudition incontestable des auteurs de la TOB, nous invitons les lecteurs à ne pas accepter comme Parole d'«évangile» tout ce qui est affirmé ou supposé dans ces notes.
Les notes théologiques de la TOB semblent aborder le texte biblique avec un certain scepticisme ; elles mettent en doute l'authenticité et l'autorité d'un grand nombre de passages, en s'appuyant sur des « principes critiques », (TOB, page 25) qui ne sont plus partagés par une majorité de savants. En outre, il ressort de ces notes qu'on accorde, dans la TOB, une autorité normative à l'histoire comparée des religions qui fait dire que la Bible est « un échantillon de légendes, écloses dans le vaste champ de la mythologie. » ? , (G. Bergmann, Tempête sur la Bible, p. 34, Paris, Centre de diffusion des Bons Semeurs).
Pour ce qui est du canon, (Le « canon » est la liste des livres que le peuple de Dieu considère comme provenant de l'inspiration divine et comme faisant autorité) de l'Ancien Testament, les auteurs de la TOB s'appuient sur la critique littéraire et sur la critique des formes. Ainsi, par exemple, la canonicité des « cinq livres de Moise » n'aurait été reconnue par le peuple juif qu'au quatrième siècle, sous l'influence d'Esdras, (TOB, page 1889). Les guillemets (« cinq livres de Moise ») soulignent la position des auteurs sur la « tradition » que Moïse a écrit le Pentateuque.
C'est aussi « par la suite » – nous dit la TOB – que fut fixé le canon des Prophètes, donc après le 4ème siècle avant Jésus-Christ. Quant à Daniel, il serait encore plus tardif. La TOB fait grand cas de l'usage des livres deutérocanoniques par le peuple juif ; mais ce sont les protocanoniques que le peuple reconnaissait, à l'unanimité, comme « Paroles de Dieu », cf. Luc 24.44-45.
La Bible elle-même indique qu'Esdras ne fut pas le premier à promulguer l'autorité de la loi de Moise.
Dès l'entrée en Canaan, le peuple fut soumis à cette loi : « Et là Josué écrivit sur la pierre une copie de la loi que Moise avait écrite devant les enfants d'Israël. », Josué 8.32.
« ll n'y eut rien de tout ce que Moise avait prescrit, que Josué ne lût en présence de toute l'assemblée d'Israël, des femmes et des enfants, et des étrangers qui marchaient au milieu d'eux.», Josué 8.35.
Cette loi de Moise ne doit pas être limitée au Décalogue, (les dix commandements) car elle comprend « Toutes les paroles de la loi, les bénédictions et les malédictions, suivant ce qui est écrit dans le livre de la loi. », Josué 8.34 ; cf. Deutéronome 27-30.
II ne s'agit pas, non plus, de simples traditions orales car il est question de « tout ce qui est écrit dans le livre de la loi de Moise », Josué 23.6 ; cf. 2 Rois 17.37. Josué reçut lui-même des lois et, aussitôt, elles furent intégrées au « livre de la loi de Dieu », Josué 24.25-26. La Loi de Moise faisait donc autorité pour le peuple de Dieu : 1 Rois 2.3 ; 2 Rois 10.31 ; 14.6 ; 17.13 ; 22.8 ; 23.25 ; 2 Chroniques 17.9 ; Ésaie 8.20, (comparez l'expression « à la loi et au témoignage » avec Josué 24.25-27 ; Daniel 9.11, 13 ; Malachie 4.4.
Selon les « principes critiques » adoptés par la TOB, les Prophètes (Nebiim) sont datés de telle sorte que l'élément prédictif de ces écrits disparaît. Quoi qu'il en soit, on ne peut en tout cas pas dater ces écrits postérieurement à Jésus ! Or, Il est venu – dit-Il : – « pour accomplir tout ce qui était écrit de Lui dans les Prophètes », Luc 24.44. Jésus affirme que « Tout cela est arrivé afin que les écrits des Prophètes fussent accomplis. », Matthieu 26.56.
Mais la TOB ne semble pas faire un très grand cas de ces affirmations du Christ. L'Évangile nous présente l'accomplissement de prophéties bien précises. Pour les auteurs de la TOB le message des prophètes est avant tout un reflet de leur époque ; tout au plus, retrouve-t-on, dans leur message, « certaines constantes », (TOB, page 734).
La TOB mentionne, par exemple, certaines identifications possibles du Serviteur de l'Éternel dans la prophétie d'Ésaie, (chapitres 42, 44, 50, 52, 53) mais Jésus-Christ, Lui, n'est jamais mentionné ! Daniel 9.27, (cf. Daniel 11.31 ; 12.11) n'est pas – selon la TOB – une déclaration prophétique de nature prédictive : Cet écrit daterait de 164 avant Jésus-Christ, (ТОВ, раge 1672) donc postérieurement aux événements auxquels ce texte de Daniel fait allusion : La profanation du temple, en 167 avant Jésus-Christ, par Antiochos IV Épiphane. Quoi qu'il en soit, que ferons-nous de l'application que Christ fait de cette prophétie, en Matthieu 24.15, de la destruction du temple, cf. Matthien 24.2 ?
Les évidences ne manquent pas, tendant à montrer que la datation du livre de Daniel au IIème siècle avant Jésus-Christ n'est pas exacte. L'ancienne tradition juive et chrétienne voyait en ce livre l'oeuvre d'un prophète contemporain de la captivité de Babylone, (TОB, page 1672). Nous pensons que cette date n'est pas sans fondement.
Le problème de la datation des livres prophétiques est lié à celui de la présence des miracles dans l'Écriture. Le langage miraculeux serait la marque d'une « théologie naïve ». On met donc le mot miracle entre guillemets, (ТОВ, page 132) dans les notes explicatives. Avec les plaies d'Égypte, par exemple, la TOB n'ose pas affirmer qu'on se trouve en présence de faits bien réels.
Le récit de ces « plaies d'Égypte », (entre guillemets dans la TOB) proviendrait des « traditions sacerdotale,yahviste et élohiste », (TOB, page 145). Mais les critères grâce auxquels on distingue ces différentes traditions sont loin d'être acceptés avec unanimité par les savants biblistes.
Le récit des plaies d'Égypte est important car il nous présente la première de ces grandes périodes bibliques qui furent caractérisées par des miracles. Ces miracles doivent être considérés comme des événements historiques car c'est ainsi que les textes les présentent. Ils ne sont pas simplement d'anciennes traditions qui « célèbrent la maîtrise du Seigneur sur la nature », (ТOB, page 145, note n) . Tel n'est pas le but du récit de l'Exode ! En outre, le récit de ces miracles forme un ensemble cohérent et, de ce fait, n'apparaît pas à la lecture comme un « ramassis de mythes », (Voir E.J. Young, An Introduction to the Old Testament, p. 66, Aerdmans Pub. Co.).
Les récits de la délivrance d'Égypte et de l'institution de la Pâque ne sont pas « un ensemble de textes liturgiques » puisés dans des traditions d'époques diverses, (TOB, page 151, note f). Dans la Bible, les mots qui servent à introduire ce récit ont pour but de nous présenter des faits historiques : Ces paroles furent annoncées à Moïse et Aaron « dans le pays d'Égypte ». Ce texte suit l'usage du Pentateuque qui a coutume d'indiquer le lieu précis où une loi a été délivrée : Lévitique 7.38 ; 25:1 ; 26.46 ; 27.34 ; Nombres 35.1 ; 36.13.
Les Israélites ont traversé miraculeusement la mer à pied sec, Exode 14.16. Pour la TOB, ce passage de la mer décrit une oeuvre du salut divin, c'est-à-dire « une nouvelle création, celle d'un peuple à qui Dieu fait traverser la mort », (TOB, page 157, note i). Peut-on croire sincèrement qu'un texte aussi direct, de nature évidemment historique, puisse avoir une signification à ce point allégorique ? ! L'auteur du livre de l'Exode voulait-il vraiment nous présenter de telles finesses théologiques ? Toutes ces explications cachent une certaine gêne des annotateurs de la TOB à l'égard des miracles qui sont rapportés dans l'Écriture.
Ne l'oublions pas : « la critique biblique a dans le sang l'esprit du rationalisme, qui n'est certes pas l'esprit de la Bible », (G. Bergmann, page 116) . Disons un NON ! catégorique à la critique rationaliste de la Parole de Dieu. Cette critique veut éviter – dit-elle – tout ce qui est « dangereusement subjectif », mais elle démontre, par son amour et sa confiance en la raison humaine, un subjectivisme des plus dangereux : Celui qui ne tient plus compte des réalités divines.
Toute traduction de la Parole de Dieu a ses propres mérites. La TOB les siens. Pour ce qui est des annotations, il faut les lire avec la plus grande précaution.
Continuons à recevoir la Parole de Dieu « Non comme la parole des hommes mais ainsi qu'elle l'est véritablement, comme la Parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. », 1 Thessaloniciens 2.13.
Continuons à recevoir la Parole de Dieu par la foi, car c'est en ceux qui croient qu'elle peut agir ...
Yann Opsitch
Directeur de la revue HORIZONS CHRÉTIENS
Yann Opsitch
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Édition en texte par Gilles Boucher par capture d'images et OCR en ligne.
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