Le suicide
Saül prit son épée et se jeta dessus. Et quand celui qui portait ses armes vit que Saül était mort, il se jeta, lui aussi, sur son épée, et mourut avec lui. 1 Samuel 31:4-5
En 1993, la mort volontaire d’un ancien premier ministre français a placé le suicide sur le devant de l’actualité. De nombreuses personnes ont déclaré que ce suicide reflétait une certaine grandeur d’âme, une décision d’homme libre, un acte de liberté, etc. Pourtant, le suicide est une bien triste réalité de tous les jours, puisque l’on compte en France, chaque année, environ 50 000 tentatives de suicides dont près du quart aboutissent.
Le croyant s’intéresse moins à l’opinion des personnalités de ce monde traduite ou trahie par les médias, qu’à ce que dit la Bible à ce sujet. Or, curieusement, la Parole de Dieu ne comporte pas de condamnation précise du suicide, sinon celle très générale du commandement d’abord donné à Noé (Genèse 9:6), puis prescrit dans le Décalogue : « Tu ne tueras point » (Exode 20:13) qui peut s’appliquer à notre propre vie comme à celle des autres. La vie appartient à Dieu qui seul en dispose.
La Bible rapporte six cas de suicides caractérisés : celui d’Abimélec (Juges 9:54), ceux de Saül et de son serviteur (le verset d’aujourd’hui), celui d’Akhitophel (2Samuel 17:23), celui de Zimri, roi d’Israël (1Roi 16:18) et celui de Judas, le seul du Nouveau Testament. Dans les cinq premiers cas, il s’agit d’un refus d’accepter la défaite comme l’humiliante sanction d’un acte d’orgueil et d’une vie non soumise à Dieu.
D’éminents hommes de Dieu ont désiré la mort : Job, Jonas, Élie, etc. mais ils n’ont pas commis l’irréparable, s’attendant au plus profond d’eux-mêmes à une délivrance de Dieu. Ne nous arrive-t-il pas, à nous aussi, de souhaiter « en finir » lorsque l’avenir devient si sombre que nous perdons l’espoir de sortir de nos difficultés, lorsque nous sommes si seuls que nous nous sentons complètement inutiles, lorsque la souffrance physique ou psychique devient insupportable ?