samedi 24 janvier 2026

DE LA CROIX AU TRÔNE

 Ap 5:5-6 
« Et l’un des vieillards me dit : Ne pleure point ; voici, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses six sceaux. Et je vis au milieu du trône et des quatre êtres vivants et au milieu des vieillards un agneau qui était là comme immolé. Il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre. »

1. LE LION ANNONCÉ, L’AGNEAU VU : LA DOUBLE DÉCOUVERTE DE JEAN

Jean entend d’abord parler d’un Lion: symbole de puissance et d’autorité. Mais lorsqu’il se tourne, il voit un Agneau immolé: symbole de sacrifice et de rédemption.
Ce contraste n’est pas accidentel mais intentionnel : Christ se révèle à la fois comme Sauveur et comme Roi.

Cette scène enseigne deux vérités essentielles :
💥Sans l’Agneau, il n’y a pas de pardon.
💥Sans le Lion, il n’y a pas de règne.

Beaucoup de croyants reconnaissent le premier aspect (l’Agneau), mais n’accèdent jamais pleinement au second (le Lion). Ce déséquilibre influencerait forcément la vision qu’ils ont d’eux-mêmes, de la foi et de leur mission dans le monde.

2. LA DIMENSION DE L’AGNEAU : LA RÉCONCILIATION AVEC DIEU

L’Agneau évoque le sacrifice substitutif. C’est à la croix que Jésus s’offre comme victime pour ôter le péché et réconcilier l’homme avec Dieu.
Le Nouveau Testament affirme clairement cette dimension expiatoire du Christ :
 « Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. » (Jn 1:29)

La croix est donc un point de départ indispensable. Par elle :
le péché est pardonné, la relation est restaurée, la condamnation est levée.

À ce stade, beaucoup de croyants centrent toute leur vie sur cette dimension. Leur foi devient un refuge spirituel, un moyen de survivre moralement dans un monde hostile, et une espérance de « rejoindre le ciel ». C’est nécessaire, mais insuffisant si cela devient la finalité.
Dans l’Ancien Testament déjà, le sang de l’agneau lors de la Pâque en Égypte n’était pas la destination, mais la porte de sortie vers la terre promise (Exode 12). De même, le sang du Christ ouvre l’accès, mais n’est pas l’arrivée.

3. LA DIMENSION DU LION : LE RÈGNE, L’AUTORITÉ ET LA GLORIFICATION

Lorsque le vieillard parle à Jean, il n’annonce pas : « Voici l’Agneau », mais :
« Voici le lion de la tribu de Juda… a vaincu » (Ap 5:5)

Cette annonce met l’accent sur : la victoire, l’autorité, la capacité à ouvrir les sceaux, la fonction royale.

Là, on entre dans la dimension du trône, c’est-à-dire la réalité du Christ glorifié après la résurrection. Le Nouveau Testament insiste fortement sur ce transfert de condition :
 « Ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils… Et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. » 
(Romains 8:29-30)

Ce passage est clé, car il montre que le plan de Dieu ne s’arrête pas au pardon (justification), mais continue jusqu’à la glorification. Il s’agit d’un changement de statut : du racheté au cohéritier, du pardonné au participant du règne.

Jean exprime cette réalité d’une manière saisissante :
« Tel il est, tels nous sommes dans ce monde. » 
(1 Jean 4:17)

Ici, l’apôtre ne parle pas de Jésus sur la croix, mais de Jésus ressuscité et assis à la droite du Père. C’est ce modèle-là qui devient la référence de la vie chrétienne présente, pas seulement future.

4. LE PASSAGE NÉCESSAIRE : DE LA CROIX (SALUT) AU TRÔNE (MISSION)

S’arrêter à la croix, c’est accepter le pardon mais ignorer l’héritage. Beaucoup de croyants adoptent ainsi une mentalité de survivants spirituels : être sauvés, être protégés, aller au ciel. C’est la dimension de « l’Agneau ».

Mais Dieu appelle ses enfants à entrer dans une mentalité de responsabilité spirituelle : représenter le Royaume, exercer l’autorité de Christ sur les ténèbres, manifester la gloire de Dieu dans ce monde.

Paul utilise un vocabulaire royal quand il parle des rachetés :
« Ils régneront dans la vie par Jésus-Christ. » (Romains 5:17)

Ce verset montre bien que le règne n’est pas seulement futur, mais possède une dimension actuelle (« dans la vie »).

L’Apocalypse en rajoute une couche :
« Tu as fait d’eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu (dimension de l'agneau), et ils régneront sur la terre (dimension du lion). » 
(Apocalypse 5:10)

Ici, l’objectif n’est pas seulement le ciel, mais le mandat terrestre. Il s’agit d’une réalité spirituelle que beaucoup ne voient pas, car ils demeurent spirituellement « devant la croix » sans monter « vers le trône ».

La croix n’est pas le terminus, mais l’entrée. Le trône n’est pas un symbole lointain, mais une vocation. Lorsque les croyants ne discernent que l’Agneau : la foi devient défensive, l’Église est timide, le monde n’est pas transformé. Lorsque les croyants voient aussi le Lion : la foi devient active, l’Église devient influente, la création bénéficie du règne de Dieu.

En résumé :
L’Agneau ouvre la porte, Le Lion montre le chemin. Le trône révèle la destination et l’appel de Dieu est clair : ne pas s’arrêter à la croix, mais continuer jusqu’au trône.

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