lundi 19 janvier 2026

Ésaïe n’a pas fait cela pour choquer. Il l’a fait parce que Dieu le lui a ordonné.

Ésaïe 20 rapporte l’un des actes prophétiques les plus inconfortables de toute l’Écriture. Dieu ordonne à Ésaïe d’enlever son sac et de marcher « nu et pieds nus » pendant trois ans. Il ne s’agissait pas d’une nudité totale comme l’imaginent les lecteurs modernes, mais du retrait de son vêtement prophétique extérieur — le laissant publiquement exposé, humilié et vulnérable dans une culture où l’honneur avait une importance capitale.

Pourquoi Dieu ordonnerait-Il quelque chose d’aussi extrême ?

Parce que Juda plaçait son espérance au mauvais endroit.

À cette époque, Israël et Juda comptaient sur l’Égypte et Cush pour se protéger militairement contre l’Assyrie. Dieu voulait leur faire comprendre une vérité dure : les nations mêmes en qui ils avaient confiance seraient elles-mêmes emmenées en captivité, nues, pieds nus, couvertes de honte et vaincues. Le corps d’Ésaïe est devenu le message. Son humiliation était une prophétie vivante du prix qu’allait coûter une confiance mal placée.

Pendant trois ans, Ésaïe a marché comme un avertissement impossible à ignorer. Chaque regard posé sur lui était un sermon. Chaque murmure, un rappel. Dieu n’était pas cruel — Il était clair. Les paroles avaient échoué. Il ne restait plus que les symboles.

Cette histoire confronte de plein fouet le christianisme moderne. Nous préférons des prophètes polis. Des messages propres. Une obéissance confortable. Ésaïe nous montre que la fidélité peut parfois sembler indigne. Que l’obéissance a parfois un coût pour la réputation. Que Dieu demande parfois à Ses serviteurs d’incarner la vérité de manière si visible que cela met les gens mal à l’aise.

Ésaïe n’était pas fou. Il était obéissant. Et le véritable scandale n’était pas son obéissance — c’était le peuple qui a ignoré l’avertissement et a continué à faire confiance à la puissance humaine plutôt qu’à Dieu.