jeudi 22 janvier 2026

Je parle souvent avec des pasteurs. Au téléphone, par message. On discute, on bavarde. Et beaucoup sont sincèrement heureux quand on leur parle… normalement.

Parce que, soyons honnêtes, ils sont souvent entourés de lèche-bottes, de gens qui les vénèrent, d’autres qui les redoutent, de personnes qui ont des choses à cacher, de relations pleines de masques et de non-dits. Des relations parfois étranges, un peu à l’image de la relation que ceux qui les entourent entretiennent avec Dieu : je t’aime, moi non plus.

Mes amis, prenez du temps avec vos pasteurs. Parlez-leur normalement. Ce sont des hommes normaux. Invitez-les à boire un café. Une mousse. Invitez-les chez vous. Allez chez eux. Rendez-leur service. Parlez-leur de choses simples : la pluie, le beau temps, la vie.

Arrêtez de leur casser les oreilles en permanence avec du “spirituel”. Vous verrez : ce sont souvent les choses les plus simples qui font le plus de bien, et c’est à travers le normal que passent les messages les plus importants.

Et si vous les sentez un peu raides… aidez-les à retirer le balai qu’ils ont dans le fondement. Ils ne sont pas nés avec, je vous le garantis (leurs mamans peuvent souvent en témoigner). Ils l’ont hérité d’un système, d’une théologie, d’une posture qu’ils ont endossée en pensant que c’était ainsi qu’on plaisait à Dieu.

Certains, sans en être encore conscient, sont à la limite du burnout : ils n’ont plus qu’un petit bout de chemin à faire avant de se retrouver écrasés sous une charge que Dieu ne leur a jamais demandée.

Aimez vos pasteurs. Encouragez-les. Aidez-les. Soyez présents sur tous les terrains pour les soulager. Parce qu’on leur a trop souvent collé un costume d’homme-orchestre, avec un tambour dans le dos, une guitare dans les mains et un harmonica dans la bouche. Et croyez-moi : ce n’est pas la meilleure façon de faire l’œuvre de Dieu, quand on a une grosse bosse dans le dos, des mains prises et que dès qu’on soupire, ça fait un drôle de bruit…

La meilleure façon de faire l’œuvre de Dieu, c’est de chercher Sa face. Quand on est entouré de bruit, de fureur, et de gens qui ne savent pas chercher Dieu par eux-mêmes, on finit parfois comme Jérémie : au fond d’un puits, dans la "cour du palais", sous les yeux de tous… et souvent avec une famille qui en paie le prix.

Et si le poids est lourd pour eux, imaginez ce qu’il est pour leur épouse et leurs enfants… Veillons à ce que la tyrannie de notre regard sur eux ne les transforme, dans le huis clos du cocon familial, en un petit tyran à leur tour - posant sur leurs femmes et leurs enfants une pression de la perfection qu’eux-mêmes n’arrivent pas à gérer.

Que cette vérité demeure au fond de mon cœur et me permette d’être à l’écoute de mon Dieu.