On peut imaginer qu’ à ce moment-là, le fer est entré dans l’âme de Joseph, que son cœur s’est endurci. Le jeune homme, favori de son père, subit les jalousies et puis le drame : vendu comme esclave par ses propres frères. La tristesse et les privations, le joug porté dans la jeunesse, la contrainte imposée à l'âme, tout cela favorise chez Joseph une ténacité de fer, une détermination sans faille, de l'endurance et de la force d'âme, qui forment en lui un caractère noble. Ne reculez pas devant la souffrance ; supportez-la en silence, patiemment, avec résignation ; et soyez sûr que c'est la manière dont Dieu insuffle le fer dans votre vie spirituelle. Le monde veut des matières en fer, des articles durables ; Dieu veut des saints de fer. Parfois il n'y a pas d'autre moyen de donner du fer à la nature morale qu'en passant par la souffrance. Si aujourd’hui vous êtes dans la confusion (ou dans la honte) rappelez-vous la réponse de Dieu à Joël qui vivait en Israël pendant une époque de grande détresse : « Je vous remplacerai les années qu'ont dévorées la sauterelle, le jélek, le hasil et le gazam, … Et mon peuple ne sera plus jamais dans la confusion. » (Joël 2, 25-26). Que représentent la sauterelle, le jélek, le hasil et le gazam pour vous ? Pour Joël c’était le péché endémique du peuple, la catastrophe écologique et la dévastation économique. Pour vous peut-être c’est votre situation familiale, personnelle, professionnelle ou financière. Ne vous découragez pas ! Joseph a pu dire à la fin de ses épreuves : « Dieu m'a fait oublier toutes mes peines et toute ma famille. » Et : « Dieu m'a donné des enfants dans le pays de mon malheur. » (Genèse 41, 50-52). De nouvelles joies et une espérance nouvelle ! La Bible nous assure de la bonté et de la bienveillance de notre Père et l’œuvre rédemptrice parfaite de Jésus-Christ qui : « fait tout à merveille. » (Marc 7, 37). Faisons-lui confiance, efforçons-nous d’atteindre le caractère noble que Dieu veut former en nous car : « Il fait toute chose bonne en son temps… bien que l'homme ne puisse pas saisir l'œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu'à la fin. » (Ecclésiaste 3, 11).
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