Dans beaucoup d’églises, on fait des appels réguliers aux dons ou aux paiements pour des études bibliques, alors que des jeunes ou même des adultes motivés aimeraient suivre ces formations mais n’en ont pas les moyens. Ce n’est pas un manque de foi : c’est un obstacle financier qui les empêche de répondre à l’appel de Dieu.
Quand on regarde le monde autour de nous, c’est encore plus frappant : l’école est gratuite, l’État propose des bourses pour que personne ne soit exclu. Moi-même, je le vois avec mes enfants : sans bourse, ils n’auraient pas pu poursuivre leurs études. Alors pourquoi l’Église, qui se dit appelée à faire grandir ses membres dans la foi, n’offre-t-elle pas cette même possibilité ? Pourquoi ne fait-elle pas confiance à Dieu pour pourvoir à ceux qu’Il appelle ?
On me répondra peut-être : « Si tu as la foi, Dieu pourvoira pour tes études. » Mais moi je dis : si l’Église a la foi, Dieu pourvoira à travers elle pour soutenir ceux qui sont dans le besoin. La foi n’est pas seulement individuelle, elle est collective. Dire à quelqu’un « aie la foi » sans l’accompagner, c’est parfois faire porter à l’individu ce que Dieu a confié à la communauté.
Dans la Bible, Jésus n’a jamais fait payer l’enseignement, et les apôtres vivaient de la générosité pour que personne ne soit exclu. La communauté était là pour porter et soutenir. Aujourd’hui, trop souvent, on inverse la logique : tu paies pour apprendre. Mais la vraie foi, celle qui croit en Dieu, doit se traduire concrètement, même dans la gestion des ressources et des dons.
Dieu ne pourvoit pas toujours malgré l’Église. Très souvent, Il pourvoit à travers elle. L’Église est appelée à être ce lieu où la foi s’exprime dans le cœur et dans l’action, où personne n’est exclu simplement parce qu’il n’a pas les moyens. Si l’Église croit vraiment que Dieu pourvoit, elle doit être le canal de cette provision, et non un obstacle.