Deuxième partie de l’article sur la polygamie et la monogamie
C’est une question qui exige de trouver les bons repères dans la forêt des textes de l’Ancien Testament ! En effet, comment se fait-il que certains hommes de foi qui reçurent les promesses de Dieu, et qui furent fidèles à la loi de Moïse pratiquèrent la polygamie ? La réponse se trouve dans le contenu que Dieu a transmis à tous ces hommes et toutes ces femmes de foi.
C’est la mesure de la révélation de Dieu transmise à Abraham Sara, à Jacob, Léa, Rachel et aux autres qui nous donnent l’explication sur ce sujet paradoxal. Nous verrons que cette transmission a été révélée de manière progressive dans l’histoire humaine selon la patience de Dieu.
De plus, ils n’avaient pas les Écritures sous leurs yeux comme nous aujourd’hui, et ils obéirent à Dieu en fonction de la révélation qu’ils avaient reçu de lui. En d’autres termes, est-ce que Dieu avait révélé à Abraham, à Jacob, à David et Salomon la monogamie ? Et leur a-t-il reproché d’être polygames ?
Les Écritures nous montrent aucune opposition de la part d’Abraham quand Sara lui demanda de coucher avec Agar, ou Jacob ne s’est pas opposé à épouser Léa, alors qu’il aimait Rachel et ensuite il ne refusa pas de coucher avec leurs servantes Bilha et Zilpa. Si Abraham ou Jacob avait reçu la révélation de Dieu que la polygamie était un péché auraient-ils couché avec Agar ou avec Rachel et les autres ? Est-ce que David aurait pris toutes ces femmes s’il avait su que la polygamie était un péché ?
Un autre aspect qui validerait la tolérance de Dieu envers la polygamie, c’est le commandement de Dieu fait à Adam et ensuite à Noé de multiplier et de remplir la terre. « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre. » Genèse 1.28 cf. Genèse 9.1
Au regard des Écrits de l’Ancien Testament, nous constatons que ce commandement a été mise en pratique et transmis de génération en génération, mais l’ordre de Dieu de remplir la terre a été adapté par les peuples de l’ère appelée des patriarches, c’est-à-dire des pères de tribus.
N’ayant pas le livre de la Genèse pour rappeler le commandement écrit en Genèse 2.24, ni d’autres révélations divines pour connaître la volonté de Dieu pour constituer des familles, les tribus et les peuples de l’époque patriarcale ont créé des pratiques diverses qui devinrent des traditions à respecter par la composition de ces familles ancestrales.
Par exemple : il était honteux et insupportable pour une femme d’être stérile, elle se sentait honteuse et punie et elle cherchait une solution pour remédier à son problème afin que la honte ne retombe pas sur son mari, car le nombre d’enfants dans une famille était pour l’homme un signe de respectabilité pour sa tribu et de richesses pour sa descendance. Avant d’avoir Isaac, Abraham a cherché lui-même une solution pour transmettre son héritage.
« Après ces évènements, la parole de l’Éternel fut adressée à Abram dans une vision, et il dit : Abram, ne crains point, je suis ton bouclier, et ta récompense sera grande. Abram répondit : Seigneur, Éternel, que me donneras-tu ? Je m’en vais sans enfants, et l’héritier de ma maison, c’est Éliézer de Damas.
Et Abram dit : Voici, tu ne m’as pas donné de postérité, et celui qui est né dans ma maison sera mon héritier. Alors la parole de l’Éternel lui fut adressée ainsi : Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais c’est celui qui sortira de tes entrailles qui sera ton héritier. » Genèse 15.1-4
En lisant la fin du livre de Daniel, nous avons la confirmation d’une révélation incomplète de Dieu. En effet, l’alliance du Sinaï scellée avec Moïse, Aaron et le peuple d’Israël ne constitue pas la totalité de la révélation de Dieu. D’ailleurs, Dieu demanda à Daniel de tenir secrètes les paroles écrites dans son livre, car plus tard la connaissance augmentera parmi le peuple d’Israël.
« Toi, Daniel, tiens secrètes ces paroles et scelle le livre jusqu’au temps de la fin. Plusieurs alors le liront, et la connaissance augmentera. » Daniel 12.4
Lorsqu’il a prêché l’Évangile à Athènes, l’apôtre Paul montre une convergence avec cette idée du manque de révélation, il parle des temps d’ignorance « Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir » Actes 17.30
Dieu a voulu garder des zones d’ombres et des mystères jusqu’au temps qu’il avait lui-même fixé. Ce qui nous amène à considérer son bienveillant dessein dont l’apôtre Paul avait reçu de la part du Seigneur. En effet, depuis le temps d’Abraham, la révélation de Dieu s’est accomplie de manière progressive en gardant le fil conducteur des promesses faites à Abraham, où même les prophètes ne comprirent pas tout ce que Dieu leur avait révélés.
« […] nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même, pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. » Éphésiens 1.9-10
« C’est par révélation que j’ai eu connaissance du mystère sur lequel je viens d’écrire en peu de mots. En les lisant, vous pouvez vous représenter l’intelligence que j’ai du mystère de Christ. Il n’a pas été manifesté aux fils des hommes dans les autres générations, comme il a été révélé maintenant par l’Esprit aux saints apôtres et prophètes de Christ. » Éphésiens 3.3-5
L’apôtre Pierre mentionne également les limites de la révélation faites au peuple de l’Alliance du Sinaï : « Les prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était réservée, ont fait de ce salut l’objet de leurs recherches et de leurs investigations, voulant sonder l’époque et les circonstances marquées par l’Esprit de Christ qui était en eux, et qui attestait d’avance les souffrances de Christ et la gloire dont elles seraient suivies. » 1 Pierre 1.10-11
« Il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils étaient les dispensateurs de ces choses, que vous ont annoncées maintenant ceux qui vous ont prêché l’Évangile par le Saint-Esprit envoyé du ciel, en dans lesquelles les anges désirent plonger leurs regards. » 1 Pierre 1.12
Donc, pour répondre à la question : Dieu a-t-il toléré la polygamie ? Comme nous l’avons dit précédemment, la réponse se trouve dans la révélation progressive de Dieu qui s’est accomplie au temps marqué et qui est écrite dans les textes du Nouveau Testament.
Mais en étant dans la perspective du courant de l’histoire de l’humanité et de la nation d’Israël qui porte en elle les promesses de Dieu, nous pouvons dire : OUI, lorsque nous retenons le commandement de Dieu de se multiplier et de remplir la terre, et durant le temps de sa patience, il a tenu l’humanité dans l’ignorance de plusieurs choses notamment sa justice envers les péchés inpunis, le salut des hommes par l’Évangile, et l’établissement de l’Église par le Saint-Esprit.
« C’est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience, afin, dis-je, de montrer sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus. » Romains 3.25-26
NON, car l’instauration de la nouvelle alliance révèle la justice de Dieu par la révélation de Jésus-Christ qui témoigne que la monogamie remplace la polygamie. Ainsi parmi les bonnes œuvres de piété et de sainteté que Dieu a préparées dans son dessein, les croyants sont commandés à adopter la monogamie, sachant qu’elle représente l’union de Christ et son Église, qui est son épouse. « Toutefois pour éviter l’immoralité sexuelle, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari. Que le mari rende à sa femme ce qu’il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari. » 1 Corinthiens 7.2-3 cf. Éphésiens 5.32-33
LA POLYGAMIE ET L’ÉVANGÉLISATION DU MONDE
La polygamie est toujours une manière de vivre pour un grand nombre de familles, mais depuis la venue de Jésus, le Fils de Dieu, une nouvelle alliance a été scellée rétablissant notamment la justice de Dieu. Pourtant, cette pratique peut-être un obstacle à l’obéissance de l’Évangile pour certains ou être un point de divergence entre chrétiens notamment à cause du fait que Dieu n’a jamais demandé à Moïse d’inscrire dans la loi du Sinaï, la polygamie comme une interdiction pour le peuple d’Israël.
Aujourd’hui, nous ne sommes plus sous le régime de la loi de Moïse, mais sous celui de l’alliance de la grâce, du Saint-Esprit et de l’Église. Ce qui amène quiconque à vouloir plaire et à servir Dieu de ne plus tenir compte des temps d’ignorance, ni de multiplier et de remplir la terre, ni d’une patience tolérante de Dieu envers les pratiques de la polygamie, puisqu’il a différé dans un temps qu’il a fixé selon sa volonté l’accomplissement de sa justice envers les péchés.
Donc, la prédication de l’Évangile ne repose pas sur la tolérance ou l’excuse, mais la réponse de quiconque à l’Évangile exige la repentance, c’est-à-dire de témoigner par un acte de renoncement à la pratique de la polygamie ou pour tout autre péché mentionné dans les Écritures. Il est évident que les différentes communautés religieuses qui se trouvent face à la polygamie doivent adopter une position claire et non négociable envers ceux qui vivent dans un foyer polygame et qui veulent devenir chrétiens.
Les prédicateurs et évangélistes d’aujourd’hui ne sont pas des acteurs de la vie sociale des peuples, ils ont été nommés pour annoncer l’Évangile et pour amener tout raisonnement et toute vie selon la chair à l’obéissance de Jésus-Christ.
« Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles, mais elle s sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses. Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance de Christ. » 2 Corinthiens 10.4-6
Il s’agit donc de s’inspirer de la détermination des apôtres poussés par le Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, selon laquelle ils ont répondu à leurs auditeurs qui leur demandaient ce qu’ils devaient faire maintenant. La réponse à cette question a été de changer leur façon de penser concernant le Christ dont ils avaient participé à sa crucifixion, mais qu’ils doivent accepter que Jésus est celui que Dieu a choisi pour s’asseoir sur le trône de David.
« Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié. Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Hommes frères, que ferons-nous ? Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » Actes 2.36-38
Ce changement appelé « repentance » est une condition exigée par les apôtres, qui doit être encore présente dans la prédication des évangélistes. Donc, pour les apôtres de Christ, la foi en Jésus et la repentance précèdent l’immersion d’eau (le baptême) et le don du Saint-Esprit. La même exigence est nécessaire avant de baptiser des personnes qui pratiquent la polygamie.
LA MISE EN ŒUVRE DE LA REPENTANCE ENVERS LA POLYGAMIE Aujourd’hui, il existe différentes manières de faire dans les communautés religieuses ou les églises au sujet des pratiques polygames. Mais quelle que soit la situation de la famille polygame, il n’y a pas de négociation possible devant la parole de Dieu, ce sont les Écritures qui font autorité et non le compromis humain.
Donc, toute personne d’un foyer polygame doit renoncer à ce fonctionnement familial avant d’obéir à l’Évangile. Cependant, à cause de la situation des personnes qui vivent dans un foyer polygame, il faut parler d’un processus, car les conséquences sont différentes que les personnes individuelles repentantes du jour de la Pentecôte.
En effet, la situation d’une famille polygame demande de prendre quelques précautions, notamment sur ce que vont devenir les enfants liés à plusieurs femmes, les femmes dépendantes du seul mari qui travaille dans le foyer, le choix que le mari doit faire pour en garder qu’une seul parmi toutes les autres femmes, car dans sa situation actuelle, il commet une multiplicité d’adultères. Mais comment assumer une situation imprimée par la polygamie ?
Le prédicateur peut aider les membres d’un foyer polygame intéréssés par l’Évangile en s’associant dans les prières faites à Dieu, avec eux ou avec la personne responsable de la famille. Le prédicateur peut aider à orienter les requêtes à Dieu qui sont de deux ordres pour le chef de la famille : Le premier est de trouver une solution à la situation financière des femmes et des enfants surtout si elles ne travaillent pas et qu’il décidera de se séparer, et le deuxième ordre consiste à accepter l’absence relative au lien affectif de chaque personne qui quitte le foyer.
L’évangéliste n’est pas un acteur du planning familial et social de toutes les familles polygames. Sa fonction consiste à amener chaque personne à Christ par l’Évangile en faisant respecter aux uns et aux autres toutes les conditions prescrites dans les Écritures. De plus, il doit garder à l’esprit qu’une personne pardonné par Dieu ne se retrouve pas débarrassée pour autant des conséquences causées par des choses qu’elle a mises en place. Ainsi, tout en étant appelée à la repentance, la personne doit assumer la situation qu’elle a créée elle-même.
Il faut agir sans attendre pour que les conséquences n’empêchent pas son engagement envers Dieu et pour éviter que la personne ne se décourage dans ce qu’elle doit changer pour obéir à l’Évangile. Les Écritures témoignent que Dieu est amour et miséricordieux, et comme il a aidé Abraham qui est arrivé à se séparer de son fils Ismaël, comme il a donné la force à Jacob après la disparition de son fils Joseph, ou David après ses péchés d’adultère et de complicité de meurtre, il veut aider toute personne qui croit en son Fils Jésus-Christ et qui se trouve dans une situation non conforme à sa volonté.
Ainsi tout être humain doit se conformer à la volonté de Dieu ! Lorsque Jésus a été interpellé par les pharisiens sur le mariage et la répudiation, bien que beaucoup d’hommes se soient égarés du plan originel, Jésus les rappelle au seul modèle que Dieu a formé depuis la création : « N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, fit l’homme et la femme et qu’il dit : C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. » Matthieu 19.4-5
Prochainement troisième partie de l’article sur la polygamie et la monogamie