vendredi 17 avril 2026

12 Moody et le prisonnier
https://bit.ly/moody-prisonnier

Ce jour-là, Moody, le grand évangéliste entre dans la prison. 
On l'a invité à prêcher l'Évangile aux détenus. Il se tient derrière une lourde grille métallique, au bout d'un long couloir bordé de cellules. Devant lui, 400 prisonniers écoutent en silence. 
Du moins, ils l'espèrent, impossible de les voir, impossible aussi pour eux de l'apercevoir. 
Parler ainsi à des murs lui semble presque absurde. Quand il termine son message, un doute l'envahit. Ont-ils seulement entendu un mot ? Moody décide d'en avoir le c�ur net. 
Il s'approche de la première cellule. À travers la petite lucarne, il jette un coup d'�il. 
Des hommes jouent aux cartes, concentrés, comme si de rien n'était. Ils n'ont sans doute pas levé la tête une seule fois pendant tout le sermon. 
Eh bien, messieurs, comment allez-vous ? " lance Moody, sans même lever les yeux un de grogne.
 " On n'a rien à se reprocher, vous savez. On est ici à cause de fausses accusations. Nous sommes des innocents, des victimes. " 
Moody soupire. " J'imagine que le Christ n'a rien à faire ici, puisqu'apparemment, personne n'est perdu. 
Il s'éloigne et s'arrête à la cellule suivante. Et vous ? Le prisonnier le fixe, l'air dur. 
Celui qui a commis ce crime me ressemblait. C'est pour ça qu'on m'a arrêté. Moody hoche la tête dépitée. Encore un innocent. Cellule après cellule, c'est la même chanson ! 
On était avec les mauvaises personnes. Le vrai coupable s'est enfui. On n'a rien fait. 
Tous se défendent. Tous se disent victimes d'une injustice. Aucun ne se reconnaît coupable. 
Moody pense à Adam dans le jardin d'Éden, lui aussi s'est trouvé des excuses. 
Depuis la nuit des temps, l'homme fuit sa responsabilité. Le découragement pèse sur les épaules de Moody. Il avance dans ce couloir sans fin. Chaque cellule résonne des mêmes justifications. 
Mais soudain, au bout du couloir, une scène différente lui coupe le souffle. 
Là, dans une cellule sombre, un homme est assis, la tête entre les mains, ses épaules tremblent, des larmes coulent sur ses joues. Moody s'approche doucement. Qu'est-ce qui ne va pas, mon ami ? L'homme relève à peine la tête, et dans un sanglot murmure : 
" Mes péchés, mes péchés, ils sont trop nombreux, je n'en peux plus ! " 
Un frisson parcourt Moody. Enfin, enfin un homme qui reconnaît la vérité. 
" Remerciez Dieu pour cela, dit-il avec un sourire. " 
Le prisonnier le regarde surpris. Vous êtes prédicateur, pas vrai ? Oui, pourtant j'ai toujours entendu dire que les prédicateurs condamnaient le péché. Et vous, vous vous en réjouissez ? 
Moody s'accroupit, son regard planté dans celui du prisonnier. Je me réjouis parce que vous voyez enfin votre état. C'est le premier pas, celui que Dieu attend ! 
Vous pouvez maintenant confesser vos fautes et recevoir le pardon de celui qui est mort pour vous. L'homme secoue la tête désespérément. 
" Pas moi, pas avec tout ce que j'ai fait. Jésus ne pourrait jamais me pardonner !" 
Moody dit s'approche encore, sa voix douce et ferme à la fois. 
"Peu importe ce que vous avez fait, le sang de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, veut vous purifier de tout péché." 
Alors Moody lui raconte l'histoire du salut, de ce Sauveur venu chercher jusqu'au dernier, jusqu'au pire d'entre eux. Le prisonnier l'écoute les yeux humides. Il veut croire mais la honte est encore trop grande, il énumère ses fautes, ses crimes, une liste qui semble interminable. 
Moody l'arrête : " Le sang de Jésus suffit à tout couvrir !" 
Un silence, puis Moody tend la main : "Prions ensemble ?"
 - "Moi prier, ce serait un blasphème ? "-" Non, c'est le moment ou jamais, criez simplement à Dieu !" Alors il s'agenouille là, et du fond de ses entrailles, le prisonnier laisse éclater ce cri : 
" Oh Dieu, aie pitié de moi, misérable que je suis ! " 
Moody tend la main à travers la lucarne, le prisonnier la saisit. Une larme coule sur la peau de Moody, elle brûle, elle transperce, c'est une larme d'une vraie repentance. 
Moody murmure encore - " Le Christ Jésus est venu pour il t'attend ! 
Mais l'homme reste là, perdu dans la nuit de son âme. Moody se relève : " Ce soir, je prierai pour vous, je vous le promets. 
"Cette nuit-là, Moody n'a qu'une pensée, cet homme. Le lendemain, avant de quitter la ville, il retourne à la prison, il doit savoir. Dès qu'il voit le prisonnier, il comprend. Son visage a changé, le désespoir a disparu, ses yeux brillent d'une lumière nouvelle. 
" Racontez moi, souffle Moody ". 
L'homme éclate d'un rire de soulagement. 
" Je ne sais pas, je ne sais pas quand, peut-être vers minuit, le fardeau est tombé, et maintenant, 
je crois, je suis l'homme le plus heureux de la terre. 
Moody souris, ce visage là, il ne l'oubliera jamais ! Une lumière qui ne vient pas de ce monde. 
En s'éloignant, maudit sait qu'il reverra cet homme, ici ou dans l'éternité.
 Et pourquoi, cette nuit-là, le Fils de Dieu est-il passé devant toutes ces cellules, sans s'arrêter, sauf devant celle-là ?

Et parfois, on pense avoir besoin de “plus d’activité”, autour de nous on me dit il te faut bouger …… faire du sport … sortir…avoir une vie...