Comme beaucoup me questionnent et semblent intéressés par ce sujet….
Voici quelques-uns des arguments :
1. Argument : Gal 3.28 - Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme ; car tous, vous êtes un en Christ Jésus.
Réponse : Ce verset est souvent cité pour soutenir l'égalité des sexes dans l'Église. Cependant, le contexte de Gal 3.28 est la justification par la foi et l'unité des croyants en Christ, et non la suppression des rôles et des structures sociales. Le verset ne dit pas que les distinctions de sexe sont abolies, mais que les croyants sont unis en Christ.
Galates 3.28 enseigne l’unité en Christ, non l’abolition des rôles.
2. Argument : 1 Co 11.11-12 - Cependant, dans le Seigneur, la femme n'est rien sans l'homme, ni l'homme sans la femme. Car, de même que la femme a été tirée de l'homme, de même l'homme naît de la femme, et tout vient de Dieu.
Réponse : Ce passage montre que les hommes et les femmes sont interdépendants et égaux en valeur, mais il ne dit pas que les rôles sont interchangeables. Le verset 3 dit explicitement que l'homme est la tête de la femme, ce qui implique une structure d'autorité. Paul maintient simultanément l’égalité de dignité et un ordre créationnel.
3. Argument : 1 Tm 2.11-15 - Que la femme écoute l'instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d'enseigner ni de dominer sur l'homme ; qu'elle se tienne dans le silence. Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite ; et ce n'est pas Adam qui a été séduit, c'est la femme qui, séduite, s'est rendue coupable de transgression.
Réponse : Ce passage est une interdiction pour les femmes d'enseigner ou de diriger dans l'Église. Il se base sur l’instruction pour les femmes de ne pas prendre l'autorité sur les hommes dans l'enseignement ou la direction, en raison de la création et de la chute.
Paul interdit donc à la femme d’enseigner avec autorité doctrinale sur l’homme et fonde cette interdiction non sur la culture, mais sur la création (Adam formé le premier), la chute.
L’argument est donc : transculturel, théologique et créationnel. Il s’agit d’une norme ecclésiale durable, et non d’une règle circonstancielle.
4. Argument : Ac 2.17-18 - Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes. Même sur mes serviteurs et sur mes servantes, dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit ; et ils prophétiseront.
Réponse : Ce passage montre que l'Esprit est répandu sur les hommes et les femmes, mais il ne dit pas que les femmes doivent être pasteurs ou diriger l'Église. La prophétie est un don différent du ministère pastoral.
5. Argument : Rm 16.1-7 - Je vous recommande Phoebe, notre sœur, qui est diaconesse de l'Église de Cencré, afin que vous la receviez dans le Seigneur, d'une manière digne des saints, et que vous l'assidiez dans les affaires qu'elle peut avoir besoin de vous, car elle a été elle-même une protectrice de beaucoup, et de moi-même.
Réponse : Phoebe est souvent citée comme un exemple de femme qui a exercé un ministère important dans l'Église. Cependant, le terme "diaconesse" (diakonon) est un mot qui désigne le fait de servir et pas un rôle de service, et encore moins un ministère pastoral.
Dans ce contexte, le mot "diakonon" est souvent traduit par "servante" ou "celle qui sert". Il est possible de comprendre "diakonon" comme décrivant l'action de Phoebe de servir l'Église de Cencré.
En résumé, le mot "diakonon" dans Romains 16.1 peut être compris de différentes manières, mais il est probable que le sens le plus approprié soit "celle qui sert", plutôt que "diaconesse" au sens moderne du terme.
Jean CALVIN disait sur de telles arguments : " Si quelqu'un avance, par voie d'objection, Deborah et d'autres de la même classe, dont on lit qu'ils ont été à un moment donné par ordre de Dieu pour gouverner le peuple, la réponse est facile. Les actes extraordinaires accomplis par Dieu ne renversent pas les règles ordinaires du gouvernement, par lesquelles il
Voulait que nous soyons liés."
Attention : le descriptif ne doit pas annuler le normatif.
6. Argument : 1 Co 1.34-35 - Que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis de parler ; mais qu'elles soient soumises, selon que la loi le dit. Si elles veulent s'instruire sur quelque chose, qu'elles interrogent leur mari à la maison ; car il est honteux pour une femme de parler dans l'Église.
Réponse : Ce passage est souvent cité comme une interdiction pour les femmes de parler dans l'Église. Ce verset est une instruction pour les femmes de ne pas prendre la parole de manière désordonnée ou pour perturber l'assemblée, mais il ne dit pas que les femmes ne peuvent pas participer à la vie de l'Église.
7.L'argument de l'ordonnance de la création: Les égalitaristes soutiennent que la création de l'homme et de la femme à l'image de Dieu (Gn 1.26-27) implique que les deux sexes ont été créés pour exercer une autorité et une responsabilité égales sur la création.
Réponse : La création de l'homme et de la femme à l'image de Dieu signifie qu'ils partagent une dignité et une valeur égales, mais cela ne signifie pas qu'ils ont les mêmes rôles ou fonctions. Le texte de Gn 2.18-25 montre que Dieu a créé la femme pour être une aide pour l'homme, ce qui implique une complémentarité et non une égalité de rôle.
8. L'argument de la nouvelle création : Les égalitaristes soutiennent que la nouvelle création en Christ (2 Co 5.17) a aboli les distinctions de sexe et de rôle, et que les femmes sont donc libres de servir dans n'importe quel ministère, y compris le pastorat.
Réponse : La nouvelle création en Christ ne signifie pas l'abolition des distinctions de sexe ou de rôle, mais plutôt la réconciliation de tous les croyants en Christ (Ép 2.11-22). Les distinctions de sexe et de rôle sont maintenues dans la nouvelle création, comme le montre 1 Co 11.2-16 et Ép 5.22-33.
9. L'argument de l'Esprit et des dons : Les égalitaristes soutiennent que l'Esprit de Dieu distribue des dons spirituels sans distinction de sexe (1 Co 1.4-11), et que les femmes qui ont reçu des dons de pastorat ou d'enseignement devraient être autorisées à les utiliser dans l'Église.
Réponse : L'Esprit de Dieu distribue des dons spirituels sans distinction de sexe, mais cela ne signifie pas que les femmes peuvent exercer n'importe quel ministère. Les dons spirituels sont donnés pour l'édification de l'Église, et les femmes peuvent utiliser leurs dons dans des ministères qui sont conformes à leur rôle et à leur position dans l'Église (1 Tm 2.11-15).
10. L'argument de l'histoire de l'Église: Les égalitaristes soutiennent que l'histoire de l'Église montre que les femmes ont joué un rôle important dans la vie et le ministère de l'Église, y compris dans des rôles de leadership et d'enseignement.
Réponse : L'histoire de l'Église montre que les femmes ont joué un rôle important dans la vie et le ministère de l'Église, mais cela ne signifie pas que ces rôles étaient conformes à la volonté de Dieu. L'Église a souvent dévié de la vérité biblique, et les réformateurs ont souvent dû corriger ces déviations.
11. L'argument de la culture et de la société : Les égalitaristes soutiennent que la culture et la société modernes ont évolué et que les rôles traditionnels de l'homme et de la femme ne sont plus pertinents.
Réponse : La culture et la société modernes sont souvent en conflit avec la vérité biblique, et l'Église ne doit pas se laisser influencer par ces changements. Les rôles traditionnels de l'homme et de la femme sont fondés sur la création et la Bible, et ne sont pas simplement des constructions culturelles.
En résumé, les arguments égalitaristes pour le pastorat féminin ne sont pas convaincants, et les Écritures enseignent clairement que les hommes et les femmes ont des rôles distincts dans l'Église.
Il est vraiment important de noter que ces arguments sont souvent débattus et contestés par les théologiens et les exégètes, et qu'il n'y a pas de consensus universel sur leur validité.
Mais d’où vient véritablement la pensée égalitariste ?
La pensée égalitariste sur les rôles des hommes et des femmes dans l'Église est un phénomène relativement récent, qui a émergé au 20e siècle, notamment dans les années 1960 et 1970 sous les poussées féministes.
Voici quelques-unes des influences et des penseurs qui ont contribué à la construction de cette pensée :
1. Le féminisme: Le mouvement féministe des années 1960 et 1970 a joué un rôle important dans la remise en question des rôles traditionnels des hommes et des femmes dans la société et dans l'Église.
2. La théologie libérale : La théologie libérale, qui met l'accent sur la raison et l'expérience humaine, a influencé certains théologiens à réinterpréter les Écritures de manière à soutenir l'égalité des sexes.
3. L'exégèse historico-critique : L'exégèse historico-critique, qui cherche à comprendre les textes bibliques dans leur contexte historique, a conduit certains exégètes à remettre en question les interprétations traditionnelles des textes sur les rôles des hommes et des femmes.
4. Les études féministes: Les études féministes, qui se concentrent sur l'expérience et la perspective des femmes, ont influencé la théologie et l'exégèse biblique.
Parmi les penseurs influents vous trouverez :
- Marx et la critique de la domination : La critique de Marx de la domination et de l'exploitation a influencé la théologie féministe égalitariste à considérer les structures de pouvoir et les relations de domination dans la société et dans l'Église.
Les féministes égalitaristes ont appliqué cette critique pour dénoncer la domination patriarcale et les inégalités de genre.
- Kant et la raison pratique : L'idée de Kant de la raison pratique a influencé la théologie féministe égalitariste à mettre l'accent sur l'expérience et la raison des femmes dans la compréhension de la foi et de la théologie.
Les féministes égalitaristes ont utilisé cette approche pour critiquer les interprétations traditionnelles de la Bible et pour développer des théologies plus inclusives.
- Freud et la psychanalyse : La psychanalyse de Freud a influencé la théologie féministe égalitariste à considérer les aspects psychologiques et émotionnels de la foi et de la théologie.
Les féministes égalitaristes ont utilisé la psychanalyse pour critiquer les stéréotypes de genre et les rôles traditionnels des femmes dans l'Église.
- Nietzsche et la critique de la morale traditionnelle : La critique de Nietzsche de la morale traditionnelle a influencé la théologie féministe égalitariste à remettre en question les valeurs et les normes traditionnelles qui ont été utilisées pour justifier la domination des femmes.
Les féministes égalitaristes ont utilisé cette critique pour développer des théologies plus libératrices et inclusives.
- Derrida et la déconstruction : La déconstruction de Derrida a influencé la théologie féministe égalitariste à critiquer les structures de pouvoir et les oppositions binaires dans les textes et les cultures.
- Jean-Paul Sartre : a développé l'existentialisme, qui met l'accent sur la liberté et la responsabilité individuelle.
Les féministes égalitaristes ont utilisé la déconstruction pour critiquer les interprétations traditionnelles de la Bible et pour développer des théologies plus nuancées et inclusives.
Tous ces penseurs ont influencé indirectement la théologie de diverses manières, notamment :
- La théologie libérale, qui met l'accent sur la raison et l'expérience humaine.
- La théologie de la libération, qui met l'accent sur la justice sociale et la libération des opprimés.
- La théologie postmoderne, qui critique les grands récits et les structures de pouvoir.
Pour terminer, une lecture égalitariste de la
Bible n’est-elle pas anachronique ?
N’est-ce pas lire les textes bibliques à travers les lunettes de la culture et de la société modernes ?
Les auteurs bibliques écrivaient dans un contexte historique et culturel spécifique, et il est important de prendre en compte ce contexte pour comprendre leur message.
Cependant, il est également important de reconnaître que la Bible est un texte vivant qui continue à être lu et interprété par les communautés de foi à travers les siècles.
Les théologiens et les exégètes ont toujours cherché à comprendre et à appliquer les Écritures à leur propre contexte, tout en respectant l'autorité et l'inspiration du texte biblique.
La Bible est un texte qui transcende les cultures et les époques, et son message doit être compris et appliqué de manière à transformer les vies des croyants, plutôt que d'être adapté à la culture du moment.
La lecture de la Bible doit être guidée par le principe de la réforme, c'est-à-dire que le texte biblique doit être compris et appliqué de manière à réformer les croyants et les Églises, plutôt que de les conforter dans leurs préjugés culturels.
L'approche qui insiste sur l'aspect culturel des textes bibliques peut effectivement conduire à une dévalorisation des enseignements bibliques, en prétextant qu'ils ne s'appliquaient qu'à la culture de l'époque. Cela peut mener à une forme de relativisme, où les enseignements bibliques sont considérés comme étant relatifs à la culture et à la société, plutôt que comme étant absolus et universels.
Il est important de reconnaître que la Bible est un texte qui a été écrit dans un contexte culturel spécifique, mais qui a également une portée universelle et éternelle. Les enseignements bibliques sur les rôles des hommes et des femmes, par exemple, ne sont pas simplement des réflexions culturelles de l'époque, mais plutôt des principes divins et universels qui doivent être compris et appliqués de manière à transformer les vies des croyants.
La clé pour éviter l'anachronisme et le relativisme est de lire la Bible de manière à comprendre son message dans son contexte original, tout en reconnaissant son autorité et son inspiration pour les croyants de toutes les époques.
Cela nécessite une approche herméneutique qui prend en compte à la fois le contexte historique et culturel du texte, ainsi que son message théologique et spirituel.
Le débat sur le pastorat féminin révèle donc une question plus profonde :
L’Écriture est-elle normative ou adaptable ?
La position réformée complémentarienne affirme que : l’ordre créationnel demeure, que l’enseignement apostolique est normatif et que l’Église ne peut redéfinir ce que Dieu a institué.
Ainsi, refuser le pastorat féminin ne relève pas d’un conservatisme culturel, ni d’une tradition humaine, mais d’une conviction :
Dieu organise son Église selon sa sagesse, non selon l’esprit du temps