Il lava les pieds de Judas.
Il prit un linge, se ceignit, et lava les pieds de celui qui, quelques heures plus tard, le livrerait à ses bourreaux. Quelle condescendance ! Quel amour ! Quelle intimité !
Puis il dit : « Vous êtes purs maintenant, mais non pas tous. » Un regard larmoyant vers Judas.
À la Cène : « L’un de vous me trahira. »
Plus tard encore : « Celui qui met avec moi la main dans le plat, c’est lui. »
Et ces paroles foudroyantes : « Malheur à cet homme par qui le Fils de l’homme est trahi ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne fût pas né. »
Judas vit tout cela. Entendit tout cela. Il vit le visage de Christ plein d’agonie. Il entendit les tonnerres de l’avertissement divin. Et pourtant, il s’en alla dans la nuit.
Ce que cette scène nous dit sur l’endurcissement du cœur est vertigineux. Quand la grâce de Dieu est méprisée à ce point, quand les avertissements les plus tendres ne produisent rien ; quel abîme de ténèbres doit habiter cette âme !
La question n’est pas : « Ai-je été averti ? »
La question est : « Qu’ai-je fait de l’avertissement ? »
Suite demain : L’acte de la trahison lui-même, et la question la plus redoutable que Judas ait posée…