dimanche 17 mai 2026


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Par rdouliere le 17 Mai 2026



OÙ VONT LES CHRÉTIENS DÉCÉDÉS ?

Après avoir rédigé le message de mercredi (Impensable), j’ai pensé que j’en avais dit trop ou trop peu. Mais vouloir en dire davantage demandait plus qu’une méditation. Ce fera la prédication de ce jour.

Pour ceux qui ne m’ont pas lu, rappelons que je commentais brièvement la promesse de Jésus à l’un des brigands crucifiés avec Lui, après l’étonnante supplication que celui-ci lui avait adressée : Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton règne. Avant d’aller plus loin, rappelons à quel point cette demande était surprenante. Chaque fois que je la relis ou l’entend rappeler, j’éprouve la même admiration. Quelle foi ! Un brigand espère une place dans le Royaume ! Et c’est à un crucifié qu’il la fait ! Un crucifié, c’est-à-dire quelqu’un qui aurait dû mettre des jours à mourir d’étouffements dans la pire des agonies. Il fallait donc qu’il croie en un messie ressuscité et réapparaissant victorieux ! Non seulement il croit à une grâce possible, car il s’est reconnu coupable ; mais il connaît les promesses des prophètes et il a reconnu que c’est cet agonisant qui les accomplira.

Jésus a mesuré sa foi mieux que nous. Sa réponse le prouve. Même si c’est le moment le plus invraisemblable pour une telle demande, Il lui dit avec la formule la plus solennelle : Je te le dis aujourd’hui... (parce que tu me le demande aujourd’hui, le jour le moins propice pour une telle démarche, oui aujourd’hui, je te le dis) tu seras avec moi dans le paradis. J’avais ajouté une simple note pour justifier ma traduction.

Ce n’est qu’une question de ponctuation, mais qui change tout. Pratiquement toutes les versions mettent la virgule avant ‘aujourd’hui.’ Ce choix implique un problème : Jésus est-il monté ce jour-là dans le paradis ?

L’explication qui a été longtemps proposée est-elle acceptable ? Il y aurait, dans le séjour des morts deux lieux. L’un serait réservé à ceux qui meurent dans la foi et s’appellerait ‘le paradis’ ; l’autre, accueillerait les impies. C’est cette manière de voir qui m’a été enseignée, même à l’école biblique (à la faculté, on n’en a simplement pas parlé). Cela me paraissait possible tant que je n’ai pas éprouvé le besoin d’en étudier l’argumentation.

Ce qui peut conduire à cette manière de voir n’est pas seulement une tradition populaire. a la mort les uns iraient directement en la présence de Dieu, les autres directement en enfer. Le doctrine de l’église romaine y a ajouté un troisième lieu nommé ‘le purgatoire’ pour les croyants qui n’ont vraiment pas mérité d’aller directement au ciel. Évidemment, aucun protestant ou évangélique n’en peut rien accepter. Le salut et le ciel ne seront jamais le fruit de mérites ! La grâce ne serait plus une grâce !

Mais un texte biblique peut tout de même faire penser qu’il se trouve deux lieux où vont les morts ? L’un serait le sein d’Abraham, l’autre serait un lieu de souffrance auquel le texte n’a pas donné de nom. Vous avez probablement compris que je parle du chapitre seize de l’évangile selon Luc, l’histoire de l’homme riche et de Lazare. La consolation est auprès d’Abraham, la souffrance dans l’autre. Mais pour s’y appuyer, il faut y voir un récit et non une simple parabole. C’est exact, ce récit n’est pas appelé parabole et l’un des protagonistes porte un nom, ce qui, dit-on, serait une exception pur une parabole ! La question est-elle ainsi réglée ?

Le brigand aurait reçu la promesse d’être le soir même accueilli par Abraham dont ‘le sein’ symboliserait le paradis ! Mais cela est loin de tout résoudre. Car Jésus promettait au brigand de s’y trouver avec Lui. Je ne crois pas à l’inspiration divine du symbole des apôtres, mais j’hésite tout de même beaucoup à le mettre en question. Ne dit-il pas que Jésus est « descendu aux enfers et est ressuscité le troisième jour, qu’Il est monté au ciel où il siège à la droite de Dieu, le Père tout-puissant » et que c’est « de là qu’Il viendra pour juger les vivants et les morts » ?

Où ce symbole permet-il de placer l’arrivée de Jésus et du brigand au paradis ? Les théologiens sont très habiles. N’ont-ils pas dit que Jésus avait deux natures : une nature divine et une nature humaine ? Alors, c’est simple, sa nature divine n’est pas descendue aux enfers, seulement sa nature humaine. J’ai noté une phrase de Jean-Paul Roux dans son livre ‘JESUS’ page. 404, chapitre : « La descente chez les morts ». Il dit prudemment : … (je) craindrais d’être hérétique en suggérant que, peut-être, l’union hypostatique des deux natures divine et humaine s’est momentanément défaite, la première étant ʺmontée au cielʺ, la seconde ayant visité le pays des morts. » Fameuse défection pour ces natures dites inséparables !

Comme Jean Paul Roux, j’allais dire la nature divine remontée au ciel. Mais comme cette nature divine est comparable à celle de Dieu (ce que dit le symbole), elle en a tous les attributs. Elle est donc omniprésente... ce qui veut dire qu’elle n’a nul besoin de remonter au ciel ; elle devait y être déjà, puisque partout à la fois. Vous ne l’aviez ‘pas compris ?

Bien sûr, il reste d’autres problèmes. Pourquoi la confession de foi dit-elle que Jésus ‘viendra’ juger les vivants et les morts ? Est-ce juste sa nature humaine qui viendra, puisque l’autre n’a jamais dû descendre ni monter ?

Enfin, on enseigne maintenant que depuis la victoire sur la mort de notre Seigneur, il n’y aurait plus personne dans le sein d’Abraham, tous seraient montés au ciel, emmenés par Lui. Mais cette montée, était-ce le troisième jour ?

Je suis troublé. J’ai un peu l’impression de me moquer. Pardonnez-moi ; ce n’est pas ce que je veux. Je sais bien que tous n’ont que l’envie de comprendre et d’expliquer... Est-ce donc si difficile ?

Revenons un peu en arrière. L’histoire du mauvais riche et de Lazare peut-elle être autre chose qu’une parabole ? Il nous faut la relire (Luc 16.19-31) :

19Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie. 20Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d'ulcères, 21 et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères. 22Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. 23Dans le séjour des morts, il leva les yeux; et, tandis qu'il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. 24Il s'écria: Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau et me rafraîchisse la langue; car je souffre cruellement dans cette flamme. 25Abraham répondit: Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. 26D'ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire. 27Le riche dit: Je te prie donc, père Abraham, d'envoyer Lazare dans la maison de mon père; car j'ai cinq frères. 28C'est pour qu'il leur atteste ces choses, afin qu'ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments. 29Abraham répondit: Ils ont Moïse et les prophètes; qu'ils les écoutent. 30Et il dit: Non, père Abraham, mais si quelqu'un des morts va vers eux, ils se repentiront. 31Et Abraham lui dit: S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait

N’est-ce pas clairement une parabole ? Pour la comprendre, il faut d’abord en avoir reconnu ‘la pointe’, c’est-à-dire l’objectif poursuivi par Jésus. Il apparaît dans la dernière affirmation : la parole y est donnée à Abraham : Si les frères du riche n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait.

Les Juifs visés réclamaient des miracles. Jésus, reprenant leurs propres croyances en illustrait sa réponse. Il ne faisait pas un exposé doctrinal ; mais le nom ‘Lazare’ (qui met sa confiance en Dieu) était nécessaire pour que l’on sache pourquoi ce pauvre allait être consolé en opposition à celui dont la richesse, était le seul Dieu !

Seule parabole donnant un nom ? mais si c’était un récit historique, il serait le seul au sujet duquel l’évangéliste ne dirait rien ou ne ferait rien dire à Jésus, du moment, du lieu, ni des circonstances où les choses se seraient passées.

Par ailleurs, l’Ancien Testament, résumé dans le récit par l’expression ‘Moïse et les prophètes’ ne confirme nulle part l’enseignement que l’on veut en tirer. Il mentionne le séjour des morts, mais rien n’en est dit excepté que c’est le lieu du silence et de l’obscurité profonde. Le livre de l’Ecclésiaste contient, cette affirmation claire (9.5) : ...les morts ne savent rien. Dans les psaumes, David écrit (Ps 6.6) : Celui qui meurt n’a plus ton souvenir. Qui te louera dans le séjour des morts ? ; (30.10) : ...la poussière a-t-elle pour toi des louanges ? ; (115.17) : Ce ne sont pas les morts qui célèbrent l'Éternel, Ce n'est aucun de ceux qui descendent dans le lieu du silence.
Et Job en parle comme (10.22) : ... le pays des ténèbres et de l'ombre de la mort, pays d’une obscurité profonde, où règnent l'ombre de la mort et la confusion, et où la lumière est semblable aux ténèbres. 

L’Ancien Testament en dit donc si peu que l’on comprend que les rabbins aient imaginé une distinction en parlant d’un lieu de souffrance et d’un autre appelé ‘le sein d’Abraham’.

Jésus a -t-Il changé la donne ? Il a promis la vie de l’âge à venir à laquelle, Il opposait la perdition. Pour cette dernière, il se référait fréquemment à la géhenne (mot dérivé de Gé-Hinnom, vallée de Hinnom près de Jérusalem) où étaient brûlés les détritus et les cadavres des suppliciés. Pour en dire le caractère définitif, Il y associait la mention du feu et des vers. Aujourd’hui, nous parlerions du dépôt d’immondices. Le but en semble bien être qu’il s’agit d’être irrécupérable, définitivement abandonné à la destruction. [Ce n’est pas notre sujet, mais il fallait dire qu’il n’y a, dans la bouche de Jésus ni sous la plume des apôtres, aucun enseignement clair sinon l’affirmation de la pérennité de la condamnation de ceux qui refusent la grâce divine. Il est question, direz-vous sans doute, d’un châtiment éternel ; oui, mais j’ai souvent souligné que le texte sacré ni en hébreu ni en grec ne contient de mot signifiant éternel. Olam en hébreu, aïôn en grec, signifient ‘âge’ (d’où le français ‘éon’). Il s’agit d’un temps indéterminé. L’âge est parfois dit ‘à venir’, mais le plus souvent, c’est l’olam, l’aïôn sans complément. Quand Jésus et les auteurs bibliques les utilisent ainsi, au singulier et sans qualification, il désignent le règne messianique promis par les prophètes. Et le qualificatif qui en dérive devrait être traduit ‘éonien’ pour signifier “qui se rapporte à l’âge’’ plutôt qu’éternel !

À elle seule, la sobriété des textes bibliques condamne déjà l’usage qui a été fait de l’enfer dès le moyen âge.]

Le brigand en croix attendait, comme tout Juif tant soit peu religieux, que se manifeste le Messie et qu’il établisse enfin le royaume messianique. C’est de ce rétablissement du royaume davidique qu’il parlait quand il dit son désir d’en jouir : Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton règne. Cela supposait le pardon de ses fautes, sa résurrection et, plus encore, celle du Seigneur.

Tout le monde peut donc comprendre que Jésus n’a pu dire au brigand: “tu y seras aujourd’hui avec moi.

Où vont donc les croyants authentiques lors de leur décès ? La réponse me paraît claire. D’abord une mise au point : Un vrai chrétien ne meurt pas. Jésus n’a-t-Il pas dit à Marthe : Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ?

Je disais “lors du décès” Jésus, là, utilise le mot ‘mort’ mais parce que se rapportant à l’apparence et pour la nier. Dans le cas du frère de Marthe, on marche sur des œufs, car même si la corruption l’avait déjà atteint, il allait reprendre vie. Mais peut-on donner un enseignement à partir d’une de ces résurrections provisoires ? Car, bien que les évangiles ne le disent pas, nous comprenons que le fils de la veuve de Naïm, celui de l’officier de Capernaüm, la fille du chef resté anonyme et le frère de Marthe et Marie n’ont recouvré la vie que pour un temps. Tout comme Dorcas rendue à la vie par Pierre ou Eutychus tombé du troisième étage, qui le fut par Paul.

Bien sûr, la mort de Lazare nous éclaire déjà un peu. Jésus avait dit à ses disciples (Jn 11.11) : Lazare, notre ami dort ; mais je vais le réveiller. Jean qui le rapporte dit que les disciples ont cru qu’Il parlait de l’assoupissement du sommeil.

Ce langage n’était pas vraiment nouveau. On le trouve en Jérémie 51.39 et 57 où l’Éternel, par deux fois parle d’ennemis d’Israël qui s’endorment d’un sommeil éternel et ne se réveillent plus et en Daniel 12.2 : Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l'opprobre, pour la honte éternelle. 

Dans le Nouveau Testament, par contre, le verbe ‘se réveiller’ ou ‘être réveillé” n’est jamais utilisé pour désigner la résurrection des impies, ni quand il est question de l’ensemble des morts justes et injustes. Quand tous, sauvés et perdus sont concernés, les mots utilisés sont le verbe anistrèmi et le substantif anastasis. Ils servent donc à définir la résurrection au dernier jour, dite des justes et des injustes, comme termes généraux.

Mais quand il s’agit des justes seuls, le verbe egeirô et le substantif egersis y sont préférés. Là où l’homme sans Dieu meurt, et doit être en fin de compte rendu à l’existence, le chrétien , lui, s’endort et sera réveillé. Nous avons cité le langage de Jésus en Jean 11. Nous irons plus loin avec le récit significatif de la mort d’Etienne. Luc la mentionne ainsi (Actes 7.59, 60) : ...ils lapidaient Étienne, qui priait et disait: Seigneur Jésus, reçois mon esprit! Puis, s'étant mis à genoux, il s'écria d'une voix forte: Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! Et, après ces paroles, il s'endormit.

Paul ne dit pas autre chose des chrétiens ‘décédés’. Dans sa première lettre aux Thessaloniciens (4.13). Il dit, certes, que les morts en Christ ressusciteront (employant le terme général), mais après les avoir désignés comme étant ceux qui dorment.

Je ne résiste pas non plus à la tentation de citer sans attendre Apocalypse 14.13 qui dit Heureux dès à présent les morts qui le sont. dans le Seigneur. Oui, dit l’Esprit [c’est] afin qu’ils se reposent de leurs œuvres. L’Apocalypse, on le sait,,contient bien des images symboliques, mais elles sont relativement faciles à distinguer des affirmations littérales. Celle-ci me semble l’être de façon certaine car elle corrobore le fait que l’enfant décédé dort dans l’attente du réveil[1].

Impossible ici de tout dire ou de tout réfuter. Mais la première évidence est que mourir en Christ n’est pas aller aussitôt au ciel, ni dans un lieu quelconque, mais entrer dans le repos et attendre l’avènement du Seigneur pour le grand réveil et la rencontre avec Lui, dans les airs. Si l’apôtre ajoute (1Thessaloniciens 4.17) : Ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Cela ne signifie-t-il pas que cette présence n’est pas immédiate ?

Or, est-il nécessaire de le souligner ? beaucoup de sottises sont dites sur les faire-part de décès. On dit des êtres chers endormis qu’ils sont entrés dans la patrie céleste, qu’ils ont rejoint leur Seigneur . on parle d’enciellement plutôt que d’enterrement... on les croit conscients de ce que deviennent ici-bas les leurs, et, dans le cadre de l’église romaine, on les prie refusant de se souvenir que Dieu condamne tout contact avec les morts.

Ce qui explique en grande partie ces déviations est l’héritage philosophique inconscient légué par la Grèce. Ses philosophes pensaient l’esprit humain prisonnier du corps. Et voyaient dans la mort, sa délivrance. Pour notre confusion, cette pensée nous a fait passer à côté de l’enseignement biblique. Dans plus d’un texte, comme celui d’Apocalypse 6, le mot âme désigne souvent la vie, l’existence, l’être humain dans son ensemble. Jai noté un pu plus d’une quarantaine de références ! Mais dans près de quarante autres, le mot âme désigne la partie immatérielle de l’être humain sans qu’il soit vraiment possible de savoir si elle impliquée ou non l’âme et l’esprit. Une quinzaine d’autres semblent exclure clairement l’esprit, car se rapportant seulement au siège des sentiments, de l’intellect et de la volonté. Trois y sont même clairement opposés à l’esprit (pneuma) et s’ajoute donc à deux autres qui, bien que si peu nombreux, rendent évidente la conviction trichotomiste (1 Thessaloniciens 5.23 : ... que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus Christ !; Hébreux 4.2 : ... parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du cœur[2].

Il est évident que, pour les Hébreux et les chrétiens contemporains de Jésus, l’être humain ne l’est que composé des trois. Mais une nouvelle confusion est intervenue. Celle qui confond le corps avec les matériaux provisoires et terrestres qui le composent. Paul, en 1 Corinthiens 15, nous permet de comprendre que ce que nous voyons se dégrader et que nous ‘enterrons’ après un décès n’est pas le corps au sens biblique, mais les matériaux putrescibles qui le vêtent ici-bas. Aussi l’apôtre parle-t-il de corps animal et de corps spirituel, terrestre ou céleste. Dans la seconde aux mêmes Corinthiens, il parle d’une tente qui nous abrite n opposition au domicile céleste. Il n’est pas difficile de comprendre que la tente, c’est lieu physique que nous habitons et que le domicile céleste, sont les matériaux imputrescibles qu’habitera le chrétien, spirituel , non psychique.

J’aurais dû depuis tout un temps proposer la conclusion de l’étude. Mais il y aurait encore tant à dire.

Je ne peux cependant passer sous silence une affirmation de Paul, en sa seconde lettre aux Corinthiens qui semble nous contredire. Après avoir opposé l’habitation céleste à l’habitation terrestre, ne dit-il pas (5.8) : nous aimons mieux quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur? Ne le répète-t-il pas aux Philippiens (2.23) : Je suis pressé des deux côtés: j'ai le désir de m'en aller et d'être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur ? Cela ne prouve-t-il pas que le décès est immédiatement suivi de la présence auprès du Seigneur ?

Combien d’heures se passe-t-il entre le coucher et lever pour celui qui dort d’un vrai sommeil.

Un autre réponse est probablement plus à propos. Mais il faudrait, pour en dire assez, un autre article aussi long. Je m’efforcerai d’en trouver l’occasion.

Bien sûr, je me vois mal expliquant tout cela à un jeune enfant devenu orphelin. Le consolerai-je en lui disant que sa mère ou son père dort inconscient(e) jusqu’au jour où le Seigneur apparaîtra ? Ce n’est pas sûr. Mais tout ce que nous y ajoutons le troublera finalement plus que la simplicité des Écritures.

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[1] On m’a cité, Apocalypse -, versets 9 à 11, il y a peu, pour me prouver que les morts en Christ sont conscients, voire impatients :
Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu'ils avaient rendu 10Ils crièrent d'une voix forte, en disant: Jusques à quand, Maître saint et véritable, tardes-tu à juger et à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre ? 11Une robe blanche fut donnée à chacun d'eux et il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore, jusqu'à ce que fût complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux. 

Si ce passage devait être pris à la lettre, il serait bien embarrassant car il en contredirait bien d’autres. Les âmes du verset 9 deviennent chacun d’eux au verset 11; elles crient vengeance de leur sang ; on les vêt d’une robe et leur demande de se tenir en repos... Autant vouloir prendre à la lettre “la voix du sang du frère de Caïn qui crie de la terre jusqu’à Dieu” (Ge 4.11) !

 

[2] Mes chiffres ne sont pas tous précis, certains des textes pouvant être rattachés à l’une ou l’autre des catégories. J’ai dû renoncer à analyser les textes de l’Ancien Testament, l’hébreu nephesh (âme) y étant utilisé environ 500 fois.

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