vendredi 8 mai 2026

Quel devrait être mon rôle en tant que président de culte, alors que la Bible n’en parle pas explicitement ? Cet article a pour but de nous aider à mieux présider.

Ce n’est pas évident de donner des conseils pour une présidence de culte. La manière de le vivre dépend de chaque culture d’Église. Voici toutefois quelques éléments tirés d’une formation donnée dans mon Église. Vous ne serez peut-être pas d’accord avec tout (ou tout n’est pas forcément applicable à votre contexte), mais j’espère que cela peut servir de base de réflexion, afin de nous équiper pour conduire nos rassemblements d’une manière qui honore le Seigneur.

Pourquoi avoir un président de culte ?

La Bible ne prescrit pas le rôle de « président » pour le rassemblement de l’Église. Pourquoi en avoir un ? Voici deux raisons, tout en reconnaissant que cela fait partie du domaine de la sagesse, et non des impératifs bibliques.

1- La Bible parle de ce qui devrait avoir lieu lors du rassemblement de l’Église. Le rôle de « président » n’est pas prescrit, mais les éléments du culte communautaire, eux, le sont. Lorsque l’Église se rassemble, elle est censée faire certaines choses bien précises : lire la Bible, prier, écouter la Parole prêchée, chanter et pratiquer les ordonnances.

2- La Bible donne des principes qui dirigent le culte communautaire. 1 Corinthiens 14 met en avant un certain cadre pour le rassemblement de l’Église :

▪︎ Il faut viser l’édification : c’est ce que tout le chapitre montre ; ce qui n’édifie pas est à rejeter (voir par exemple v. 26).

▪︎ Il faut viser l’intelligibilité (cf. v. 9) : si personne ne comprend ce que tu dis, personne ne sera édifié.

▪︎ Il faut viser l’ordre et la bienséance (v. 40) : Paul ne dit pas « faites ce que vous voulez, quand vous voulez », mais il prescrit un certain ordre à respecter.

Avoir un président de culte permet de maintenir ensemble ces deux éléments. Un conducteur pour le culte permet que les éléments prescrits par la Bible aient lieu (point 1) et que ces éléments aient lieu de la bonne manière (point 2).

Pourquoi ne pas plutôt laisser place à la spontanéité ?

1- En raison de la taille : la spontanéité est réaliste seulement dans un petit groupe.
2- Pour s’assurer d’avoir un contenu biblique et varié. Il faut reconnaître que la spontanéité mène souvent à un contenu appauvri.
3- Si tout le culte vise l’édification (voir 1 Corinthiens 14), alors cela vaut la peine de le préparer à l’avance afin de remplir ce but, tout comme nous préparons une prédication à l’avance.

Avoir un président n’est pas une règle, mais une pratique sage pour le bien de nos rassemblements.

Quel est le rôle d’un président de culte ?

Pour comprendre son rôle, un président doit bien comprendre le but du rassemblement de l’Église. C’est essentiel : son rôle est de faciliter ce rassemblement, afin qu’il soit fait selon les normes bibliques et en accomplissant le but pour lequel il a été donné. La meilleure manière de rater sa présidence est donc de ne pas avoir une bonne compréhension du culte selon la Bible !

La Bible nous enseigne que le rassemblement de l’Église vise les deux buts suivants:

1. L’adoration de Dieu. Le président veut donc chercher à orienter le cœur des croyants vers l’adoration de Dieu, en mettant en avant des vérités qui vont nourrir cette adoration. Il donne aussi à l’assemblée la possibilité d’exprimer cette adoration par le chant et la prière.

2. L’édification de l’Église. L’Église est nourrie dimanche après dimanche par le culte. Cela ne concerne pas uniquement la prédication : nous sommes façonnés par le culte tout entier – les prières, les chants, la liturgie. Le président est donc comme un cuisinier, qui cherche à être un bon cuisinier : son but est de donner au peuple de Dieu rassemblé une nourriture solide, équilibrée, et qu’ils peuvent digérer.

Le président de culte est un conducteur, mais un conducteur spirituel. C’est un chef d’orchestre, mais un chef d’orchestre spirituel, qui s’assure que la bonne mélodie est jouée lors du culte.

Comment bien réussir sa présidence ?

La présidence n’est pas un « nouvel élément » qui s’ajoute au culte. Les éléments du culte sont prescrits : lecture de la Bible, prière, chants, prédication, ordonnance. Le rôle du président est plutôt de « construire des ponts » pour lier ces éléments les uns aux autres et amener l’assemblée à en bénéficier au maximum. J’ai entendu certains comparer les présidents de culte à des « guides touristiques », qui amènent l’assemblée à comprendre et à profiter de chaque élément du culte.

À mon sens, cela implique deux choses essentielles pour une présidence.

1. Viser la simplicité. Un président doit faire confiance aux éléments du culte pour qu’ils accomplissent leur but. Il n’est pas nécessaire de chercher à toujours innover ou de chercher à rejoindre la vie des gens par des anecdotes captivantes. La simplicité est bonne !

2. Viser la brièveté. Le plus grand danger d’une présidence est de la transformer en une « mini-prédication ». Cela épuise inutilement l’attention des gens (nous sommes humains) et les empêche de profiter autant des lectures, prières et chants. Nous oublions souvent qu’il est possible de dire simplement quelques mots pour mettre en avant une vérité biblique. Il n’y a pas besoin d’avoir un développement complet de chaque passage qui est lu !

La brièveté et la simplicité demandent parfois plus d’effort. Nous allons devoir nous limiter, pour le bien de l’assemblée. Comme on me l’a partagé dans le passé, la devise d’un président de culte devrait être : « Dire autant que nécessaire, mais aussi peu que possible. »

De manière pratique : l’attention de l’audience
De manière toute pratique, je crois qu’il faut se demander : « quelle est la capacité d’attention des gens en face de moi ?» La réponse à cette question dépendra de chaque contexte, de la présence des enfants ou non lors du culte, etc.

Cependant, nous devons nous rappeler que nous sommes humains. J’aime penser que les gens ont une « barre d’attention », qui n’est souvent déjà pas à 100 % lorsqu’ils arrivent le dimanche au culte (car la vie est ce qu’elle est !). Le président doit veiller à ne pas épuiser cette « barre d’attention », sinon il ne restera plus rien pour le prédicateur…

La vraie puissance d’une présidence

N’ayons donc pas peur d’être simples et courts dans nos commentaires. C’est souvent plus puissant qu’on ne le pense. Construisons des ponts de qualité et faisons confiance aux éléments du culte pour façonner le cœur des croyants et les amener à une adoration qui glorifie Dieu.

C’est cela qui a rendu si uniques les liturgies mises en avant par la Réforme protestante :

L’un des aspects remarquables des liturgies de la Réforme résidait dans la parcimonie des mots utilisés pendant le culte. Les commentaires de transition entre les différents éléments étaient réduits au strict minimum, tandis que les chants répétitifs et les annonces incessantes brillaient par leur absence.
– J. Gibson & M. Earngey, Reformation worship, p. 65

N’est-ce pas là un bon modèle pour nous ?

— Benjamin Eggen

https://toutpoursagloire.com/article/reussir-presidence-culte/Aujourd'hui 

"Fais-moi dès le matin entendre ta bonté, Car je me confie en toi. Fais-moi connaître le chemin Où je dois marcher, Car j'élève à t...