On a déjà vu l’inverse de ce proverbe qui dit : Celui qui parle beaucoup ne saurait éviter de pécher, mais l’homme avisé met un frein à ses lèvres (Proverbes 10:19).
Ça paraît logique, mais ça ne marche pas toujours. Un paysan de Vendée avait un jeune fils qui était simple d’esprit. Tous deux partirent au marché pour vendre des pommes. Avant d’aller faire quelques emplettes, le père a dit : Fiston, ne parle à personne, sinon on saura tout de suite que tu es niais.
Un homme s’est approché de la carriole et a demandé : Combien les pommes ?
Aucune réponse. L’homme répéta sa question trois fois, mais l’enfant le regarda sans piper un mot. Finalement, l’homme lui dit : Mais qu’est-ce que tu as, tu es stupide ou quoi ?
Et il s’en alla. Quand le père revint, il demanda : Alors comment ça s’est passé ?
Eh bien je suis resté bouche cousue comme tu m’avais dit, mais on a quand même découvert que j’étais bête.
Mis à part cette anecdote, le sage sait tenir tout son corps en bride, aussi bien son comportement que sa langue. À ses consolateurs de malheur, le pauvre Job a dit : Que n’avez-vous gardé le silence ? Vous auriez passé pour avoir de la sagesse (Job 13:5).
De l’Antiquité et 6 siècles après Salomon, un philosophe grec (Théophraste, 372-287 av. J.-C.) a exprimé cette même idée. Lors d’un festin, il a dit à un homme qui s’était emmuré dans un profond silence : Si vous êtes savant, vous ne vous conduisez pas avec sagesse, mais si vous ne l’êtes pas, vous agissez prudemment.
Motus et bouche cousue, avec un grand sourire est la première ligne de défense contre sa propre stupidité.