Un des obstacles majeurs au mariage est le fait de ne pas réellement « quitter » père et mère. Le mariage établit une nouvelle famille avec sa propre autorité. Les parents doivent être honorés, mais ils ne doivent plus diriger la vie du couple. Le terme grec proskollaô (« se coller ») exprime cette union forte, intime et durable, plus solide que les liens familiaux précédents.
Dieu déclare haïr la répudiation (Ma 2.16), car elle brise ce qu’Il a uni. Jésus précise que le divorce n’était pas dans le plan initial de Dieu, mais une concession à la dureté du cœur humain (Mt 19.6-9). Ainsi, le mariage est appelé à refléter l’unité entre Christ et l’Église : ce que Dieu a uni, l’homme ne doit pas le séparer.
Comme le corps de Christ est un et indivisible, le mariage idéal l’est aussi. Le mari et la femme deviennent une seule chair. Ainsi, blesser son conjoint revient à se blesser soi-même, et détruire son mariage revient à se détruire soi-même. Cette union est plus qu’un lien humain : c’est une alliance voulue par Dieu.
Jésus répond aux pharisiens que Moïse n’a pas ordonné le divorce, mais l’a permis à cause de la dureté des cœurs. Cette permission n’était pas un idéal, mais une mesure de protection, notamment pour la femme. Le principe demeure cependant : Dieu valorise profondément la fidélité et l’unité du mariage.
Même lorsqu’un conjoint est offensé par les fautes de l’autre, il doit reconnaître que son propre péché envers Dieu est bien plus grand. Cela appelle à l’humilité et au pardon, à l’image du pardon immense que Dieu nous accorde.
Jean Chrysostome souligne que l’amour du mari doit être concret, protecteur et prêt au sacrifice. S’il le faut, il doit aller jusqu’à donner sa vie pour sa femme, comme Christ a aimé l’Église sans contrainte, mais par amour.