Florence a lutté durant quatre ans contre la maladie de Charcot. L’un des effets les plus cruels de ce mal a été de lui dérober l’usage de la parole pendant de longs mois. Pourtant, dans cette épreuve, elle a refusé le silence. Lucide, et tant que ses mains le lui permettaient, elle a choisi de rester reliée aux siens par le biais d'un clavier d’ordinateur ou de téléphone. Jusqu’au bout. Même entravée par la souffrance, elle a maintenu ce lien, car elle savait que parler, c’est vivre. Échanger des paroles, c’est exister — pour soi, pour les autres et avec les autres, encore, tant qu’il fait jour. Cette parole qui est vie, et même survie, lorsqu'elle finit par s'effacer, laisse place au silence et à l'absence. Mais ce vide est moins lourd lorsque les mots ont été partagés. En filigrane de nos échanges humains, il existe une Parole plus élevée : celle de Dieu qui s’adresse à chacun de nous. Pour beaucoup, cette dimension spirituelle reste difficile à saisir ; elle semble parfois bousculer nos certitudes matérielles. On avance alors entre hésitation, doute et incertitude, tissant une relation fragile avec cette présence divine souvent insaisissable. Et pourtant, une certitude demeure : Dieu n’est pas une opinion et la foi n’est pas une option. Dieu n’est pas un simple rituel, mais une présence qui cherche le dialogue. Si notre naissance n'est pas le fruit de notre seule volonté, notre mort l'est encore moins. Il y a là des réalités évidentes qui nous échappent et nous rappellent que nous ne maîtrisons, au fond, que l'éphémère. Le vertige de la finitude nous invite à ne pas nous confier uniquement en la vie présente, mais en celui qui en est l'auteur. Il offre une vie éternelle qui se prépare ici-bas, mais ne s'expérimente que dans cet "ailleurs" dont nous portons tous la nostalgie. Si la mort nous bouleverse, c’est parce que la Parole de Vie continue de nous parler à travers elle. C’est sans doute là le message essentiel que nous laisse chaque existence qui s’achève.
Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle » (Jean 3:16).
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