« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu… En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. » Jean 1:1-4
Florence a lutté durant quatre ans contre la maladie de Charcot. L’un des effets les plus cruels de ce mal a été de lui dérober l’usage de la parole pendant de longs mois. Pourtant, dans cette épreuve, elle a refusé le silence. Lucide, et tant que ses mains le lui permettaient, elle a choisi de rester reliée aux siens par le biais d’un clavier d’ordinateur ou de téléphone. Jusqu’au bout. Même entravée par la souffrance, elle a maintenu ce lien, car elle savait que parler, c’est vivre. Échanger des paroles, c’est exister — pour soi, pour les autres et avec les autres, encore, tant qu’il fait jour.
☑️ Cette parole qui est vie, et même survie, lorsqu’elle finit par s’effacer, laisse place au silence et à l’absence. Mais ce vide est moins lourd lorsque les mots ont été partagés. En filigrane de nos échanges humains, il existe une Parole plus élevée : celle de Dieu qui s’adresse à chacun de nous. Pour beaucoup, cette dimension spirituelle reste difficile à saisir ; elle semble parfois bousculer nos certitudes matérielles. On avance alors entre hésitation, doute et incertitude, tissant une relation fragile avec cette présence divine souvent insaisissable. Et pourtant, une certitude demeure : Dieu n’est pas une opinion et la foi n’est pas une option. Dieu n’est pas un simple rituel, mais une présence qui cherche le dialogue.
☑️ Si notre naissance n’est pas le fruit de notre seule volonté, notre mort l’est encore moins. Il y a là des réalités évidentes qui nous échappent et nous rappellent que nous ne maîtrisons, au fond, que l’éphémère. Le vertige de la finitude nous invite à ne pas nous confier uniquement en la vie présente, mais en celui qui en est l’auteur. Il offre une vie éternelle qui se prépare ici-bas, mais ne s’expérimente que dans cet « ailleurs » dont nous portons tous la nostalgie.
📌 Si la mort nous bouleverse, c’est parce que la Parole de Vie continue de nous parler à travers elle. C’est sans doute là le message essentiel que nous laisse chaque existence qui s’achève.