Si le Nouveau Testament insiste sur cette bonne nouvelle, à savoir que l’homme pécheur est pardonné non par ses œuvres mais par la grâce de Dieu qui se manifeste par le don de Jésus-Christ, pourquoi devrions-nous encore nous soucier de nos efforts ? L’apôtre Paul a dû répondre à cette même interrogation. Sa réponse est limpide : la grâce n'est pas un « laisser-passer » pour faire n’importe quoi, c’est une libération pour faire enfin le bien. Pour bien comprendre cette logique nouvelle, on peut résumer l'argumentaire de Paul à travers trois idées simples. Premièrement, on ne doit jamais dénigrer la valeur d’un cadeau. Paul explique que si nous sommes « morts au péché », il ne peut plus habiter en nous. C’est une question de logique. Si quelqu'un vous sauve de la noyade, vous ne replongez pas immédiatement dans l'eau pour vérifier s'il vous sauvera encore. Le pardon est un nouveau départ, pas une excuse pour stagner. Ensuite, il faut faire la différence entre « pardonner » et « valider ». Dieu pardonne au pécheur (Il l'aime et le relève), mais Il ne valide jamais le péché (ce qui blesse et détruit). La grâce est là pour transformer celui qui marche avec Dieu, pas pour justifier l'erreur de celui qui refuse de changer. Enfin, si l’amour de Dieu est sa grande motivation et son seul moteur, nous devons à notre tour agir dans ce sens, avec la même source d’énergie. C’est ici que tout se joue. Le bon comportement du chrétien n’est pas une taxe que l’on paie à Dieu, mais le fruit naturel de notre réponse à “ Suis-Moi ! “ On n'ajuste pas ses pas sur ceux du Christ par peur d'une amende, mais parce qu'on a découvert que la route où Il nous encourage à marcher est la seule qui mène vraiment à la vie. Finalement, la grâce est gratuite, mais elle engage toute notre vie. Elle est le souffle qui nous met en marche pour devenir enfin ceux que Dieu nous appelle à être.