Nous connaissons tous cette histoire.
C'est le matin de la crucifixion. Ponce Pilate se tient devant une foule en colère et tente une dernière stratégie pour éviter de condamner Yeshoua.
Profitant de la coutume qui consistait à libérer un prisonnier à l'occasion de la fête de la Pâque, il fait comparaître le pire criminel détenu dans ses prisons : un meurtrier et insurgé nommé Barrabas.
Pilate place les deux hommes devant le peuple, persuadé que le choix serait évident.
Il se dit : « Personne de sensé ne demandera la libération d'un meurtrier dangereux à la place d'un maître qui n'a fait que guérir les malades. »
Mais, à sa grande stupeur, la foule s'écrie d'une seule voix :
« Libère-nous Barrabas ! »
Nous avons souvent lu cette scène avec indignation devant l'aveuglement du peuple.
Nous avons pensé que Barrabas n'était qu'un simple criminel qui avait eu la chance d'être gracié.
Pourtant, lorsque l'on examine les plus anciens manuscrits bibliques et que l'on analyse son nom dans sa langue d'origine, un tableau théologique saisissant apparaît.
Il ne s'agissait pas d'une simple grâce politique.
Cette scène constitue l'une des représentations les plus frappantes de l'Évangile.
LE CODE BAR-ABBA
Pour comprendre toute la portée de cet épisode, il faut d'abord traduire le nom de ce prisonnier.
En araméen, Bar signifie « fils ».
Et Abba signifie « père ».
Son nom, Bar-Abba (בַּר אַבָּא), signifie littéralement :
« Le fils du père. »
Mais le mystère devient encore plus saisissant.
Dans plusieurs des plus anciens manuscrits de l'Évangile selon Matthieu, notamment certains témoins textuels anciens, le nom complet de ce prisonnier est rapporté sous la forme Yeshoua Bar-Abba (« Jésus Barabbas »). Bien que cette lecture soit discutée par les spécialistes et n'apparaisse pas dans tous les manuscrits, elle est attestée par une partie de la tradition manuscrite ancienne.
LES DEUX FILS DEVANT LA FOULE
Regarde maintenant de nouveau le balcon de Ponce Pilate.
La scène est bouleversante.
Le gouverneur romain présente deux hommes côte à côte.
À sa droite se tient Yeshoua, le véritable Fils du Père céleste, venu apporter le salut par la paix, la miséricorde et le sacrifice de Sa propre vie.
À sa gauche se tient Yeshoua Bar-Abba, le « fils du père » selon son nom, un chef rebelle qui cherchait la libération par la violence, le sang et l'insurrection (Marc 15:7).
Pilate ne demandait pas seulement au peuple de choisir entre deux hommes.
Il lui posait une question beaucoup plus profonde :
« Quel genre de Sauveur voulez-vous ? »
Le peuple d'Israël, opprimé par Rome, désirait un libérateur politique et militaire. Il voulait un homme qui élimine ses ennemis.
C'est pourquoi il choisit le faux « fils du père » et rejeta le Messie de paix, parce qu'Il ne correspondait pas à ses attentes d'un pouvoir terrestre.
LE JOUR DE L'EXPIATION
Sans le savoir, cette foule accomplissait un symbole profondément enraciné dans la Torah.
Dans Lévitique 16, Adonaï institue le rituel de Yom Kippour, le Jour des Expiations.
Le souverain sacrificateur devait présenter deux boucs devant le Seigneur.
L'un était offert en sacrifice pour l'expiation des péchés du peuple.
L'autre, appelé le bouc émissaire, était envoyé vivant dans le désert, portant symboliquement les fautes d'Israël.
Devant le palais de Pilate, cette image atteignait son accomplissement.
Deux hommes se tenaient devant le peuple.
L'Innocent était livré au sacrifice afin de porter le péché du monde.
Le coupable, lui, était déclaré libre et renvoyé.
L'HOMME QUI A COMPRIS LA CROIX
Barrabas est probablement le seul homme de toute l'histoire qui aurait pu regarder la croix du Golgotha et dire, au sens le plus littéral :
« Cette croix portait mon nom. »
« Ces clous étaient destinés à mes mains. »
« C'est moi qui aurais dû mourir sur ce bois... mais Lui a pris ma place. »
Barrabas n'avait rien fait pour mériter sa liberté.
Il ne l'avait pas gagnée.
Il fut libéré pour une seule raison :
Le véritable Fils du Père prit sa condamnation.
BARRABAS, C'EST AUSSI NOUS
Lorsque nous lisons la Bible, nous aimons souvent nous identifier à ses héros.
Nous voulons être David affrontant Goliath, Moïse conduisant Israël ou Jean reposant sur la poitrine du Seigneur.
Pourtant, l'une des vérités les plus profondes de l'Évangile est que, dans le récit de la crucifixion, nous ressemblons davantage à Barrabas.
Nous étions les coupables.
Nous méritions la condamnation à cause de notre péché et de notre nature déchue.
Nous étions enfermés dans la prison de notre culpabilité, sans espérance et dans l'attente du jugement.
Mais le Juge juste a décrété un échange que personne n'aurait pu imaginer.
Si aujourd'hui tu marches dans la liberté, ce n'est pas parce que tu étais assez bon.
Ce n'est pas parce que tes œuvres t'ont justifié.
C'est parce que le Messie parfait a porté ta culpabilité afin que tu reçoives Sa justice et Sa liberté.
Ne vis plus sous le poids de la condamnation de ton passé.
L'ennemi n'a plus aucun droit de t'enfermer dans la culpabilité, car le sacrifice parfait a déjà été accompli.
Respire profondément, sors de ta prison et marche la tête haute.
Le véritable Fils du Père a déjà payé le prix afin que tu sois libre pour l'éternité.