lundi 17 août 2026

À ceux qui rêvent de transformer notre Algérie en une société où chacun devrait penser, parler, s’habiller et croire de la même manière qu’eux, j’aimerais simplement poser une question : pourquoi voulez-vous nous entraîner avec vous ?
Vous choisissez de porter la barbe, le qamis, le voile ou de vivre votre foi selon vos convictions : c’est votre liberté, et je la respecte tant qu’elle reste votre liberté. Vous êtes opposés à la langue française, à Tamazight, à certaines formes de culture, de musique, d’art ou de mode de vie : c’est votre choix. Mais pourquoi vouloir transformer vos choix personnels en règles pour toute une société ?
L’Algérie n’est pas la propriété d’une idéologie. Elle appartient à tous ses enfants.
Dieu, pour ceux qui croient en Lui, n’a pas créé l’humanité comme une photocopieuse. Il nous a créés différents : avec des couleurs de peau différentes, des langues différentes, des cultures différentes, des traditions différentes et des sensibilités différentes. Alors pourquoi vouloir combattre cette diversité au nom d’une uniformité imposée ?
Je refuse d’être une photocopie de qui que ce soit.
Je ne cherche pas à vous imposer ma religion, ma manière de m’habiller, ma langue, ma musique, mes habitudes ou ma façon de concevoir la vie. Je vous demande simplement la même chose en retour : laissez-moi être moi-même.
Ma foi est ma relation avec mon Créateur. Elle ne nécessite ni votre permission ni votre intervention. Et si vous pensez sincèrement que je dois un jour rendre des comptes à Dieu, alors laissez justement Dieu être juge de ma vie. Vous n’avez pas été désignés pour prendre Sa place entre Lui et moi.
Vous dites peut-être vouloir nous sauver, nous montrer le chemin, nous conduire vers votre conception du paradis. Mais permettez-moi de vous répondre avec respect : je ne veux pas de votre paradis s’il faut, pour y entrer, renoncer à ma liberté, à ma culture, à ma langue, à ma personnalité et à cette diversité qui fait la richesse de l’humanité.
Je veux vivre cette vie pleinement, dignement et librement. Je veux profiter de ce que Dieu a placé sur cette terre : ses montagnes, ses forêts, ses mers, ses paysages, la musique, l’art, la connaissance, l’amitié, l’amour, le rire et toutes ces petites choses qui rendent l’existence belle.
Je ne vous demande pas d’abandonner votre foi.
Je ne vous demande pas de raser vos barbes.
Je ne vous demande pas de changer vos vêtements.
Je ne vous demande même pas de penser comme moi.
Je vous demande seulement de ne pas m’imposer votre manière de vivre.
L’Algérie est assez grande pour accueillir celui qui prie à la mosquée, celui qui prie ailleurs, celui qui ne croit pas, celui qui parle arabe, celui qui parle Tamazight, celui qui aime le français, celui qui écoute du chaâbi, du rock ou de la musique kabyle. Elle est assez grande pour accueillir des conservateurs, des progressistes, des croyants et des non-croyants.
Notre pays n’a pas besoin d’être ramené vers le passé pour retrouver sa grandeur. Il a besoin d’avancer, d’apprendre, de créer, de respecter ses différentes identités et de laisser chacun respirer.
La liberté que vous réclamez pour vous-mêmes, accordez-la aussi aux autres.
Vous avez le droit de vivre comme vous le souhaitez.
Moi aussi.
Alors, au nom de cette liberté que nous devrions tous défendre :
Laissez-nous vivre.
Laissez-nous croire.
Laissez-nous ne pas croire.
Laissez-nous parler nos langues.
Laissez-nous aimer notre culture.
Laissez-nous choisir notre façon de vivre.
Et surtout…
Foutez-nous la paix.

"Heureux celui dont le péché est pardonné ! " (Ps 32.1) L'amour de Dieu est patient. Sois patient avec toi-meme, Dieu est entr...