Ce souvenir remonte à la surface, même si son thème précis s'est évanoui. Qu'importe ? Je le redécouvre.
Je regarde ce collage, ce composite-mêlé de nos existences. C'est une étrange leçon de sagesse. Au sol, c'est la photographie de notre empreinte dans le réel, un miroir humide où le reflet de l'arbre danse avec les feuilles mortes. C'est notre corps, notre chair qui reçoit la pluie et garde les cicatrices, les histoires. Et si ce sol n'était qu'un reflet, une image de nous-mêmes ?
Puis, il y a l'homme figé sur l’écorce. Est-il en train de se cacher ou de se transformer ? C'est notre âme en pleine mue, prise entre l'ombre et la lumière, entre la terre et le ciel. L'herbe qui l'entoure témoigne encore de sa racine terrestre. Le dessin à la main, avec sa grille en fer, est la frontière que nous nous construisons par peur, mais c'est aussi une porte ouverte sur la Grâce. C'est là que s'éveille la foi, ce pas hésitant posé vers ce que l'on ne voit pas encore. Et le visage à droite nous fixe, incarnation de nos doutes anciens et de ce qui cherche encore à nous retenir.
Ce dessin est une chronique de l'amour que l'on doit se porter, un acte de foi envers notre propre cheminement. Un amour qui accepte nos lignes de croquis inachevées et nos couleurs numériques. Il y a une paix à accueillir notre nature composite, faite de morceaux de corps et d'empreintes de l'Esprit, de passé et de futur. L'homme a peur de franchir la grille, mais le ciel l'invite à l'abandon et à la confiance.
Il nous rappelle que chaque feuille tombée est une histoire vécue, et chaque ligne un élan vers l'Infiniment Grand. C'est le décor d'une aventure qui ne se vit pas seulement dans un livre, mais dans l'amour-propre et la foi en demain, et qui consiste à accepter de se transformer, encore et encore.
Chronique d'un cerveau composite.