lundi 21 septembre 2026

LE DIXIÈME COMMANDEMENT

« Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. » Exode 20:17, Deutéronome 5:21


Le dixième commandement nous conduit directement dans le cœur de l’homme.

Dieu ne regarde pas seulement ce que nous faisons. Il regarde aussi ce que nous désirons.

Paul dit : 
« je n'aurais pas connu la convoitise, si la loi n'eût dit : Tu ne convoiteras point. » (Romains 7:7)

La Loi révèle donc même ce qui se passe à l’intérieur de nous. Et Paul précise : 
« La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. » (Romains 7:12)

Mais pourquoi Dieu nous interdit-il la convoitise?

Parce que la convoitise peut devenir la racine de plusieurs autres transgressions.

Si je convoite le bien de mon prochain, je peux en venir à le voler.
Si je convoite la femme de mon prochain, je peux en venir à commettre l’adultère. (Matthieu 5:28)

Si je convoite quelque chose que je ne peux pas obtenir légitimement, je peux être tenté de mentir, de porter un faux témoignage, de manipuler ou même de faire du mal à celui qui possède ce que je désire.

Ainsi, plusieurs péchés différents peuvent avoir une même racine : un désir mauvais que l’on a laissé grandir dans son cœur. (Matthieu 15:19)

Jacques nous montre précisément cette progression :
« Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis la convoitise, lorsqu'elle a conçu, enfante le péché; et le péché, étant consommé, produit la mort. » (Jacques 1:14-15)

La convoitise n’est donc pas inoffensive. Elle attire. Elle amorce. Elle enfante le péché.

Et le péché, lorsqu’il est consommé, produit la mort.

Jacques nous montre aussi que les luttes et les querelles viennent des passions qui combattent dans nos membres :

 « Vous convoitez, et vous ne possédez pas; vous êtes meurtriers et envieux, et vous ne pouvez pas obtenir. » (Jacques 4:1-2)

Mais il donne aussi une réponse simple : « vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas. »

Pourquoi convoiter ce que Dieu a donné à notre prochain, au point de vouloir le lui prendre?

Demandons plutôt à Dieu, et surtout demandons selon sa volonté.

« Si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous exauce. » (1 Jean 5:14)

Si Dieu veut me donner quelque chose, je n’ai pas besoin de le convoiter chez mon prochain. Je peux le demander à Dieu et lui faire confiance.

Et si Dieu ne me le donne pas, je dois apprendre à accepter sa volonté plutôt que de laisser l’envie et l’insatisfaction gouverner mon cœur.

La Bible nous enseigne ainsi le contraire de la convoitise : le contentement.

« C’est, en effet, une grande source de gain que la piété avec le contentement. » 1 Timothée 6:6

Paul dit également : 
« J’ai appris à être content de l’état où je me trouve. » Philippiens 4:11

Le contentement ne signifie pas que nous ne pouvons rien désirer ni demander à Dieu. Il signifie que notre paix ne dépend pas de l’obtention de ce que nous convoitons.

Je peux demander à Dieu. Je peux travailler pour obtenir légitimement ce que je désire. Je peux espérer en ses promesses.
Mais je ne dois pas regarder ce que Dieu a donné à mon prochain avec envie, au point de vouloir le lui prendre.

La foi dit : 
« Je le demande à Dieu, je cherche sa volonté, et je lui fais confiance. »

Le dixième commandement vient donc compléter les précédents.

Le sixième disait : « Tu ne feras pas de meurtre. »

Le septième : « Tu ne commettras point adultère. »

Le huitième : « Tu ne déroberas point. »

Le neuvième : « Tu ne porteras point de faux témoignage. »

Et maintenant Dieu nous demande d’aller à la racine : 
« Tu ne convoiteras point. »

Avant de prendre, il peut y avoir le désir de posséder. 
Avant l’adultère, le désir d’une femme qui ne nous appartient pas. 

Avant le faux témoignage, le désir d’obtenir quelque chose à tout prix. Avant même la violence, l’envie ou la haine peuvent conduire à vouloir éliminer celui qui nous empêche d’obtenir ce que nous voulons.

Alors examinons-nous.

Est-ce que je convoite ce que possède mon prochain?
Est-ce que je suis constamment en train de comparer ma vie à celle des autres?
Est-ce que mes désirs pourraient me conduire à voler, à commettre l’adultère, à mentir ou à faire du mal?
Est-ce que je demande à Dieu ce que je désire, selon sa volonté, plutôt que de convoiter ce qu’il a donné à un autre?
Est-ce que je suis reconnaissant pour ce que Dieu m’a donné?
Est-ce que j’ai appris à être content de l’état où je me trouve?
Ou suis-je constamment insatisfait de ce que je possède?
Et surtout :
Est-ce que je laisse Dieu purifier les désirs de mon cœur?

La repentance ne consiste pas seulement à arrêter l’acte. 
Elle consiste aussi à renoncer au désir mauvais qui nous y conduisait.

Pourquoi voler ce que Dieu peut nous donner?
Pourquoi convoiter ce que Dieu ne nous a pas donné?
Pourquoi envier la maison, les biens, la réussite ou la situation d’un autre, plutôt que de faire confiance à Dieu?

La convoitise dit : « Je le veux, même si Dieu ne me l’a pas donné. »

La foi dit : « Je le demande à Dieu, je cherche sa volonté, et je lui fais confiance. »

Le contentement dit : « Ce que Dieu m’a donné me suffit, et je peux attendre de lui ce qu’il veut encore m’accorder. »

C’est pourquoi Josué reçut cette instruction : que la Loi ne s’éloigne pas de sa bouche, qu’il la médite jour et nuit, afin d’agir fidèlement selon tout ce qui y est écrit. (Josué 1:8)

Après les dix commandements, nous ne pouvons donc plus seulement demander : « Qu’ai-je fait? »

Nous devons aussi demander : « Qu’est-ce que mon cœur désire vraiment? »

Car Dieu ne veut pas seulement changer nos actions. Il veut changer notre cœur.

Alors, en préparant notre cœur à l’expiation :

Qu’est-ce que je convoite encore?
Quel désir dois-je abandonner?
Est-ce que je fais réellement confiance à Dieu pour me donner ce qui est bon, selon sa volonté?
Ai-je appris à être content de ce que Dieu m’a donné?
Suis-je réellement repentant jusque dans mes désirs les plus secrets?

La Loi de Dieu est sainte, juste et bonne.

Et le dixième commandement nous révèle que le péché ne commence pas toujours par ce que nous faisons.

Il peut commencer par ce que nous désirons.

Mais lorsque notre désir est soumis à Dieu, nous n’avons plus besoin de convoiter ce qu’il a donné à notre prochain.

Nous pouvons demander, prier.
Nous pouvons attendre, être patients.
Nous pouvons être contents de ce que nous avons.

Et nous pouvons faire confiance à Dieu.