mardi 1 septembre 2026

REJETÉ PAR LES HOMMES, CHOISI PAR DIEU
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Lecture : Genèse 39.2-3 ; 21-23 ; Genèse 50.20 ; 1 Pierre 2.4-7
INTRODUCTION
Il nous est probablement tous arrivé de vivre une situation que nous n’avions pas choisie. Une porte qui se ferme alors que nous pensions qu’elle allait s’ouvrir. Une opportunité qui nous échappe. Une personne qui nous rejette. Un projet dans lequel nous avions investi du temps, de l’énergie et de l’espoir, mais qui s’effondre.
Et parfois, nous faisons ce qui nous semble être la bonne chose. Nous essayons d’être fidèles à Dieu, et pourtant, les choses ne se passent pas comme prévu. Dans ces moments-là, des questions peuvent nous traverser l’esprit : « Pourquoi Dieu permet-il cela ? » ; « Est-ce qu’il m’a oublié ? »

Notre difficulté vient souvent du fait que nous jugeons notre histoire à partir de ce que nous voyons aujourd’hui. Nous voyons une porte fermée et nous pensons : « C’est terminé ». Un rejet et nous pensons : « Je ne vaux rien ». Une épreuve et nous pensons : « Dieu m’a abandonné ».

Mais les Écritures nous montrent une vérité essentielle : Ne pas comprendre ce que Dieu fait ne signifie pas que Dieu ne fait rien.

Pour le saisir, nous allons regarder l’histoire de Joseph, voir comment son parcours nous conduit vers l’oeuvre ultime de Jésus-Christ, et enfin comprendre comment nous devons vivre lorsque nous sommes dans l’obscurité et que nous ne comprenons pas ce que Dieu fait.

I. JOSEPH : QUAND LE REJET SEMBLE ÊTRE LA FIN
Revenons au commencement de l’histoire. Joseph est le fils bien-aimé de Jacob. Mais cette préférence suscite la jalousie de ses frères. Un jour, alors qu’il vient à leur rencontre, ils le voient arriver. Ils complotent contre lui. Ils le dépouillent de sa tunique. Ils le jettent dans une citerne. Puis ils le vendent comme esclave.

Imaginez la scène. En quelques heures, Joseph passe du statut de fils de Jacob à celui d’esclave vendu à des étrangers. Et il ne sait absolument pas ce qui l’attend : ni la maison de Potiphar, ni l’accusation injuste, ni les années d’oubli en prison.

Pourtant, au milieu de cet effondrement, le livre de la Genèse répète à quatre reprises une phrase remarquable : « L’Éternel était avec Joseph. », Genèse 39.2-3, 21, 23.

Joseph est chez Potiphar : Dieu est avec lui. Joseph est jeté au fond d'un donjon : Dieu est avec lui. Sa situation matérielle change du tout au tout, mais la présence de Dieu, elle, reste immuable.

Retenons cette première vérité : La présence de Dieu ne se mesure pas à la qualité de nos circonstances. Joseph ne pouvait pas deviner le plan divin depuis le fond de sa citerne, mais son incapacité à voir le plan de Dieu ne signifiait pas que Dieu avait cessé d’être à l’oeuvre.

Et c’est important, parce que nous faisons parfois la même erreur. Nous regardons notre situation actuelle et nous essayons d’en déduire ce que Dieu pense de nous. Mais Joseph nous montre que notre situation présente ne raconte pas nécessairement toute notre histoire.

II. JOSEPH : CE QUI RESSEMBLE À UNE PERTE PEUT DEVENIR UNE BÉNÉDICTION
Après des années d’épreuves silencieuses, tout bascule.

Dans Genèse 41, Pharaon fait des rêves inquiétants que personne ne parvient à interpréter. Joseph est tiré de sa prison et, par la sagesse que Dieu lui donne, il explique que ces rêves annoncent sept années d’abondance suivies de sept années de famine. Mais il ne se contente pas d’interpréter : il propose un plan d'action pour préparer le pays.

Émerveillé, Pharaon s'exclame v. 38 : « Trouverions-nous un homme comme celui-ci, ayant en lui l’esprit de Dieu ? ». Et il lui dit v. 41 : « Vois, je te donne le commandement de tout le pays d’Égypte. »

Regardez le contraste : de la citerne au palais, du statut d’esclave à celui de gouverneur. Mais Dieu n’élève pas Joseph simplement pour améliorer sa situation personnelle : Il l’élève pour sauver des milliers de vies.

Quand la famine frappe la région, les frères de Joseph viennent en Égypte pour acheter du blé. Ceux qui pensaient s'être débarrassés de lui pour toujours se tiennent maintenant devant lui, prosternés la face contre terre. Et ils ne le reconnaissent même pas.

Des années auparavant, ils s’étaient moqués de ses rêves. Aujourd'hui, ils s'inclinent devant leur accomplissement. À cet instant précis, Joseph a toutes les cartes en main : la vengeance est à portée de voix. Mais Joseph choisit la grâce et il leur dit dans Genèse 45.5 : « Ne vous affligez pas, et ne soyez pas fâchés de m’avoir vendu pour me faire venir ici, car c’est pour vous sauver la vie que Dieu m’a envoyé devant vous. ». Puis au verset 8 : « Ce n’est donc pas vous qui m’avez envoyé ici, mais c’est Dieu. »

Joseph ne nie pas le mal qu’ils lui ont fait. L’injustice était réelle. La souffrance était réelle. Mais il a compris une vérité importante : La mauvaise intention des hommes n’a pas le pouvoir d’annuler le dessein de Dieu.

À la fin de sa vie, il résume toute son histoire en une phrase : « Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. », Genèse 50.20.

Le mal reste le mal. Mais Dieu est capable d’accomplir son dessein même au travers de ce que les hommes font de mauvais.

Et regardez comment Dieu conclut la vie de Joseph : on pourrait s’attendre à ce qu’il reçoive une seule tribu à son nom. Mais Jacob adopte ses deux fils, Éphraïm et Manassé, et les élève au rang d'héritiers. Ainsi, Joseph est représenté à travers deux tribus. Ce qui pouvait ressembler à une vie de pertes devient en réalité une double portion.

Mais soyons prudents avec l’application. La Bible ne nous promet pas que chaque épreuve sera remplacée par deux fois plus de bénédictions matérielles. La véritable leçon est celle-ci : même lorsque nous ne comprenons pas ce que Dieu fait, nous pouvons lui faire confiance.

Joseph ne pouvait pas voir le palais depuis la citerne. Il ne pouvait pas voir la famine depuis la prison. Il ne pouvait pas voir Éphraïm et Manassé lorsqu’il était vendu comme esclave. Mais Dieu voyait tout.

Et il y a une histoire où cette vérité prend une dimension infiniment plus grande. Une histoire où le rejet, l’humiliation et la souffrance deviennent le chemin par lequel Dieu accomplit son plan de salut.

Cette histoire, c’est celle de Jésus-Christ.

III. JÉSUS : LA PIERRE REJETÉE DEVIENT LA PIERRE ANGULAIRE
L’histoire de Joseph nous offre une belle image, mais elle n’est que l’ombre d’une plus grande réalité. C’est en Jésus-Christ que ce principe trouve son accomplissement ultime. Dans Psaume 118.22, nous lisons : « La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle. »

Jésus applique cette parole à Lui-même dans Matthieu 21.42 : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle ? »

Et après la résurrection, Pierre reprend cette même image. Actes 4.11 : « Jésus est la pierre rejetée par vous qui bâtissez, et qui est devenue la principale de l’angle. »

Et 1 Pierre 2.4 nous dit : « Approchez-vous de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu. »

Remarquez les deux perspectives. Les hommes ont dit : « Rejeté, condamné, inutile », Dieu dit : « Choisi, précieux, Pierre angulaire ».

Les hommes pensent avoir mis fin à son oeuvre. Dieu utilise précisément la croix pour accomplir son plan de salut.

Mais soyons précis : Joseph était un homme imparfait sauvé par grâce ; Jésus est le Fils de Dieu parfait. Joseph a été vendu malgré lui ; Jésus s’est livré volontairement. Joseph a sauvé l'Égypte de la famine physique ; Jésus nous sauve du péché et de la mort éternelle. Joseph a été élevé dans le royaume de Pharaon ; Jésus est ressuscité et exalté à la droite de Dieu. Joseph nous donne un aperçu du modèle ; Jésus en est l’accomplissement parfait.

Mettez-vous un instant à la place des disciples le soir du Vendredi saint. Jésus est mort. Celui en qui ils avaient mis toute leur vie gît dans un tombeau scellé. Leurs espoirs sont réduits en cendres.

Et puis, il y a ce silence. Ce silence lourd du samedi où tout semble définitivement terminé. Mais ils ignoraient ce que Dieu préparait dans l'ombre : le dimanche arrivait.

C'est pourquoi nous devons être d'une immense prudence lorsque nous jugeons ce que Dieu fait dans nos vies. Ne jugeons jamais l’oeuvre de Dieu à partir d’un vendredi alors qu’il est en train de préparer le dimanche de la résurrection !

– La croix semblait être une défaite. Elle était le chemin vers la Victoire.
– Le tombeau semblait être la fin. Il allait devenir le lieu de la résurrection.
– La mort semblait avoir gagné. Mais la mort n’avait pas le dernier mot.

Philippiens 2:8-9 nous dit : « Il s’est humilié Lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé … »

L'humiliation précède l'exaltation. Le rejet précède la gloire. La mort précède la résurrection.

Voilà la différence fondamentale entre l'optimisme et la foi : L’optimisme est un souhait qui répète « tout ira bien ». La foi chrétienne est une certitude qui déclare « même dans le noir, mon Dieu reste fidèle ».

IV. NOUS : COMMENT VIVRE QUAND NOUS NE COMPRENONS PAS ?
Alors, que change cette réalité pour nous ? Nous ne sommes pas Joseph et nous ne sommes certainement pas Jésus. Mais nous pouvons apprendre de leur histoire comment vivre lorsque nous traversons des moments que nous ne comprenons pas.

Je voudrais retenir trois convictions.
1. NE CONFONDONS PAS LE REJET DES HOMMES AVEC L’ABANDON DE DIEU
Votre valeur ne dépend pas des portes qui se ferment, des déceptions sentimentales ou des échecs professionnels. Le rejet des hommes ne change pas la valeur que Dieu donne à celui qui est en Christ. Si vous vous sentez oublié aujourd'hui, rappelez-vous que Dieu était dans la prison avec Joseph et qu'il n'a pas abandonné son Fils à la croix ... 

2. RESTONS FIDÈLES AU MILIEU DE L’ÉPREUVE
Joseph n'est pas devenu amer. Il est resté intègre chez Potiphar, serviable en prison, et humble dans le palais. Notre fidélité ne doit pas dépendre de la clarté de nos circonstances, mais du caractère immuable de Dieu. Nous ne devons pas être fidèles seulement lorsque notre vie est facile. Nous sommes appelés à être fidèles parce que Dieu est fidèle.

Comme le dit Paul en 1 Corinthiens 15.58 : « Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, travaillant de mieux en mieux à l’oeuvre du Seigneur, sachant que votre travail ne sera pas vain dans le Seigneur. »

Nous ne savons peut-être pas ce que Dieu fera de notre fidélité. Mais nous savons que notre travail n’est pas vain dans le Seigneur.

3. FAISONS CONFIANCE À DIEU SANS EXIGER DE CONNAÎTRE LE « POURQUOI »
C’est probablement la chose la plus difficile ...

Nous voulons des explications, Dieu nous demande la confiance. Nous n'avons pas besoin deconnaître tout le plan de Dieu pour lui faire confiance ; il nous demande seulement de faire le prochain pas à ses côtés.

Mais la Bible nous montre qu’il est possible de faire confiance à Dieu sans tout comprendre.

REGARDONS L'EXEMPLE DE JOB
Job s'effondre sous le poids d'une souffrance extrême : il perd ses enfants, ses biens, sa santé. Et pendant de longs chapitres, une seule question le hante : Pourquoi ? Ses amis veulent lui donner des explications. Mais Job ne voit pas ce qui se passe derrière les circonstances. Il ne connaît pas toute l’histoire.

Et lorsque Dieu lui répond, Dieu ne lui donne pas simplement une explication détaillée de tout ce qui s’est passé. Il lui révèle plutôt qui Il est : sa puissance, sa sagesse et sa souveraineté. Job comprend alors qu'il n'a pas besoin de tout maîtriser pour faire confiance au Maître.

C'est exactement là que Dieu nous attend. Nous voulons des explications ; Dieu nous offre sa présence. Nous exigeons de comprendre le « pourquoi » ; Dieu nous invite à connaître le « Qui ».

Comme le dit Proverbes 3.5 : « Confie-toi en l’Éternel de tout ton coeur, et ne t’appuie pas sur ta sagesse ». Nous voulons voir toute la route avant de démarrer ; Dieu nous demande simplement de poser le prochain pas avec lui.

Nous n’avons pas besoin de connaître tout le plan de Dieu pour lui faire confiance ; nous avons besoin de Connaître le Dieu qui tient le Plan.

CONCLUSION
Nous ne savons pas toujours ce que Dieu est en train de préparer dans nos vies. Joseph l’ignorait dans sa citerne, Job l’ignorait dans sa souffrance, et les disciples l’ignoraient au pied de la croix.

Mais nous, nous connaissons la suite : Le tombeau est vide. Jésus est ressuscité.

Celui que les hommes ont rejeté est devenu la pierre angulaire. Celui qu'ils ont crucifié Règne pour l'éternité. Voilà le Roc de notre foi. Notre espérance ne repose pas sur des circonstances favorables, elle repose sur le Christ vivant.

Alors, si vous traversez une zone d'ombre ce matin, ne concluez pas que Dieu vous a abandonné. Restons fermes. Persévérons. Et gardons les yeux rivés sur Jésus-Christ — Cette Pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu.

Amen.

David Dzakpasu (Dave)
Sermon du 30 Août 2026 – Québec, (Ste-Foy)

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