vendredi 23 octobre 2026

“Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s'acquérait à prix d'argent !” Actes 8:20

Après la mort d'Étienne, Luc s'intéresse à un autre diacre : Philippe. Fuyant la persécution de Jérusalem, celui-ci se réfugie en Samarie. Pour des Juifs pieux, l'endroit est impensable, mais Philippe y prêche le Christ avec un succès retentissant, soutenu par de nombreuses guérisons. Parmi les foules captivées se trouve Simon, un magicien local très célèbre pour ses propres prodiges. Impressionné, Simon se convertit, demande le baptême et devient un admirateur de Philippe. La nouvelle de ce réveil spirituel pousse les apôtres Pierre et Jean à venir de Jérusalem. Lorsqu'ils imposent les mains aux nouveaux baptisés, le Saint-Esprit se manifeste de façon spectaculaire. En voyant cette puissance, les vieux réflexes de Simon reprennent le dessus. Fasciné par ce pouvoir qu'il ne maîtrise pas, il commet l'irréparable en proposant de l'argent aux apôtres : « Vendez-moi ce pouvoir ! » La réplique de Pierre est fulminante. Outré, il condamne cette pensée perverse et somme le magicien de demander pardon. Simon, terrifié, supplie alors les apôtres de prier pour lui. Si l'on peut espérer que Simon ait changé de cœur, son nom est resté tristement célèbre dans l'Histoire pour définir un danger spirituel majeur : la simonie. Ce terme désigne le commerce des dons spirituels, des sacrements ou des charges ecclésiastiques. Des siècles plus tard, le troc des indulgences contre la peur du purgatoire montrera à quel point l'Église a pu succomber à ce piège. Mais ce danger nous guette aussi individuellement. Prenons garde à ne jamais instrumentaliser notre foi, nos prières ou nos engagements pour acheter une respectabilité, réclamer une place, obtenir du pouvoir ou négocier les faveurs de Dieu. Le don de la grâce ne se monnaie pas, il se reçoit gratuitement

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