Des biens mal acquis ne profitent pas, mais mener une vie juste sauve de la mort (Proverbes 10:2).
Ce verset a son parallèle qui dit :
La richesse ne sera d’aucun secours au jour de la colère divine, mais une vie juste délivre de la mort (Proverbes 11:4).
Ceux qui ont amassé des fortunes obscènes, et cela même d’une façon légale, en exploitant les autres ou le système capitaliste, ne l’emporteront pas au paradis ; ça, c’est sûr.
Après le retour d’exil babylonien, le mot hébreu traduit par mener une vie juste commença à prendre le sens de faire des aumônes. Cela mérite d’être souligné parce que dans les Écritures, la compassion envers les pauvres est toujours vue comme un acte de justice personnelle.
Dans cette vie, Dieu se montre compatissant envers ceux qui sont charitables envers leur prochain indépendamment de leur spiritualité. Plusieurs études ont d’ailleurs montré que ceux qui font le bien autour d’eux en tirent un bénéfice aussi bien au niveau physique que psychologique. Alors, avis aux amateurs.
Quand j’étais enfant, j’ai souvent entendu de la part des adultes de ma famille l’expression : la vie est mal faite. Qui pourrait dire le contraire ? Dans le meilleur des mondes, les enfants ne souffriraient pas de la faim ni de maladies et ne subiraient pas les contrecoups des fautes de leurs parents. Ceux qui font le bien seraient récompensés et les vauriens sanctionnés. Mais voilà, la vie est mal faite, ce qui est une autre façon de dire que le mal règne partout.
* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *
L’Éternel ne permet pas que l’âme du juste ait faim, mais il frustre les désirs des méchants (Proverbes 10:3).
Ce verset et les deux suivants traitent du besoin élémentaire de nourriture et surtout, comment le satisfaire. Dans les Écritures, l’âme est le siège de la personnalité et de tous les appétits. Généralement parlant, le juste obtient de Dieu ce qui lui est nécessaire pour vivre parce qu’il travaille. Le psalmiste écrit :
J’étais un enfant et me voilà vieux, jamais je n’ai vu celui qui est juste être abandonné, ni ses descendants mendier leur pain (Psaume 37:25).
Les mauvais larrons qui veulent toujours plus par des moyens criminels finissent éventuellement pour la plupart comme repris de justice. Salomon, l’auteur, était sous le régime de l’Ancienne Alliance, c’est-à-dire la loi. En théorie, elle fonctionnait selon le principe de la rétribution : le juste était récompensé et le malfaiteur châtié. Mais si Dieu avait strictement suivi cette logique, éventuellement, tout le monde aurait été éliminé. C’est pourquoi il faut prendre les proverbes comme des généralisations sur la vie, avec comme on dit, les exceptions qui confirment la règle.
Cela dit, plusieurs personnages bibliques qui connurent des détresses terribles furent miraculeusement délivrés parce que leur conduite était juste. De ce nombre est Joseph, l’un des fils de Jacob. Vendu comme esclave il devient l’intendant d’un riche officiel de pharaon. Jeté en prison sur faux témoignage, il y moisit pendant longtemps et devait commencer à se dire que Dieu l’avait abandonné pour de bon quand soudainement une suite d’événements le catapulta à la position de numéro deux du royaume.