samedi 25 avril 2026

Dans certaines trajectoires chrétiennes, la prudence n’est pas un défaut. Elle est même souvent le fruit d’expériences difficiles : abus d’autorité, dérives communautaires, déceptions profondes. Cette prudence peut alors apparaître comme une forme de sagesse.

Mais il faut aussi avoir l’honnêteté de reconnaître qu’avec le temps, cette prudence peut se transformer.

Elle peut produire une autre dérive : une désolidarisation progressive de la vie d’Église.

Cela se manifeste de manière concrète par une présence sans engagement véritable, une participation sans implication, la recherche de bénéfices sans responsabilité. Peu à peu, la personne reste là… mais à distance.

Or, l’Église n’est pas un lieu de consommation spirituelle. C’est un corps, une alliance, une communion vivante.

Rester ainsi durablement dans une position intermédiaire n’est jamais neutre. Cela crée inévitablement des tensions dans la vie de l’Église : une Église à deux vitesses (ceux qui s’engagent et ceux qui observent), une difficulté pour les responsables à exercer leur rôle avec clarté, une ambiguïté croissante sur ce que signifie réellement “appartenir” à une Église.

À terme, c’est tout le corps qui est fragilisé.

Dans le Nouveau Testament, appartenir à l’Église n’est pas une notion floue ou purement émotionnelle. Cela implique : une reconnaissance de l’autorité spirituelle, une participation concrète à la vie commune, un engagement visible et assumé.

Autrement dit, on ne peut pas rester indéfiniment dans un entre-deux sans que cela ait des conséquences.

Face à cela, deux erreurs sont à éviter: La première serait de nier les blessures. La seconde serait de considérer que la solution consiste à rester à distance, indéfiniment, pour se protéger.

Or, la guérison ne passe ni par le déni, ni par la fuite. Elle passe par une redécouverte progressive : d’une autorité saine, exercée avec humilité et responsabilité, d’une communauté imparfaite mais sincère, d’un engagement qui n’est pas une menace, mais une grâce.

La prudence peut être un point de départ légitime. Mais elle ne peut pas devenir un mode de vie permanent car la vie chrétienne n’est pas appelée à se vivre en retrait, mais en communion.

Et si certaines expériences passées ont fragilisé la confiance, l’appel de l’Évangile reste le même : avancer, pas à pas, vers une Église où l’on ne fait pas que recevoir…mais où l’on choisit aussi d’appartenir, de servir, et de construire.
Past. Xavier LAVIE

ALLONS À L'ÉGLISE ( shalom)  Car je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu, sans En rien cacher. Prenez donc garde à vous mêmes,et à to...