Jérémie 20
On parle souvent des grands prophètes comme d'hommes invincibles.
Des hommes qui priaient.
Qui parlaient au nom de Dieu.
Qui affrontaient les rois.
Qui annonçaient les jugements.
Qui portaient des paroles puissantes.
Mais lorsqu'on lit Jérémie,
on découvre quelque chose de profondément humain :
le prophète qui parlait aux autres savait aussi pleurer.
Jérémie avait reçu une mission.
Dieu l'avait appelé.
Dieu lui avait parlé.
Dieu l'avait envoyé.
Mais son appel ne l'avait pas empêché de souffrir.
Au contraire.
Son obéissance lui a parfois coûté très cher.
Il a été rejeté.
Moqué.
Frappé.
Humilié.
Menacé.
Et au chapitre 20,
nous découvrons un homme épuisé.
JÉRÉMIE AVAIT MAL
Après avoir été frappé et mis aux ceps par Paschhur,
Jérémie ouvre son cœur devant Dieu.
Et ses paroles sont étonnantes.
Il dit :
«« Tu m'as séduit, Éternel, et je me suis laissé séduire. »»
Puis il continue :
«« Me voilà chaque jour un objet de raillerie, tout le monde se moque de moi. »»
Voilà le prophète.
Pas derrière une chaire.
Pas devant une foule.
Pas en train de proclamer une grande prophétie.
Il est seul avec sa douleur.
Et il parle à Dieu.
Il ne cache pas ce qu'il ressent.
Il ne fait pas semblant.
Il ne dit pas :
« Tout va bien. »
Alors que tout va mal.
Il ne maquille pas sa souffrance avec des phrases religieuses.
Il prie avec ses larmes.
IL Y A DES HOMMES DE DIEU QUI PLEURENT AUSSI
Cette vérité doit être entendue.
Parce que nous avons parfois créé une image fausse de la spiritualité.
Comme si être fort dans la foi signifiait ne jamais être triste.
Comme si avoir le Saint-Esprit signifiait ne jamais être épuisé.
Comme si être appelé par Dieu signifiait ne plus connaître les moments de découragement.
Mais Jérémie nous montre autre chose.
La foi n'empêche pas toujours les larmes.
Tu peux aimer Dieu
et pleurer.
Tu peux prier
et être fatigué.
Tu peux avoir une mission
et avoir mal.
Tu peux croire
et traverser une saison où tu ne comprends plus.
Les larmes ne sont pas nécessairement le signe d'une foi morte.
Parfois,
elles sont simplement le langage d'un cœur qui a beaucoup porté.
MAIS LE PLUS ÉTONNANT EST CE QUI SE PASSE ENSUITE
Jérémie dit quelque chose qui semble contradictoire.
Il veut arrêter.
Il dit :
«« Je ne ferai plus mention de lui, je ne parlerai plus en son nom. »»
En d'autres termes :
« Seigneur, j'arrête. »
Il en a assez.
Il veut garder le silence.
Il veut sortir de cette mission qui lui coûte tellement.
Mais ensuite,
il dit :
«« Il y a dans mon cœur comme un feu dévorant, enfermé dans mes os. Je m'efforce de le contenir, et je ne le puis. »»
Quelle image !
Jérémie veut se taire.
Mais la Parole brûle en lui.
Il veut abandonner.
Mais quelque chose en lui refuse de renoncer.
Il est fatigué.
Mais il n'est pas fini.
Il pleure.
Mais le feu est toujours là.
Il est découragé.
Mais l'appel n'a pas disparu.
PEUT-ÊTRE QUE TU TE RECONNAIS DANS JÉRÉMIE
Peut-être que tu as déjà dit :
« Seigneur, j'arrête. »
J'arrête de servir.
J'arrête de prier.
J'arrête de croire.
J'arrête d'espérer.
J'arrête de me battre.
J'en ai assez.
J'ai trop donné.
J'ai trop attendu.
J'ai trop été déçu.
Et personne ne comprend vraiment ce que je traverse.
Mais malgré tout,
quelque chose en toi continue de brûler.
Tu ne sais même pas pourquoi.
Tu pleures,
mais tu pries encore.
Tu es fatigué,
mais tu cherches encore Dieu.
Tu as été blessé,
mais tu n'arrives pas à abandonner complètement.
Il y a encore un feu.
Et peut-être que ce feu est précisément ce qui te maintient debout.
JÉRÉMIE NOUS APPREND AUSSI À ÊTRE HONNÊTES DEVANT DIEU
Il y a des prières que nous n'osons jamais faire.
Parce que nous avons peur d'être jugés.
Alors nous cachons nos émotions.
Nous utilisons des mots religieux.
Nous sourions.
Nous disons :
« Gloire à Dieu ! »
Mais à l'intérieur,
nous sommes brisés.
Jérémie nous montre qu'on peut venir devant Dieu avec un cœur bouleversé.
Avec des questions.
Avec des larmes.
Avec de la colère.
Avec de la fatigue.
Avec de l'incompréhension.
Dieu préfère une prière honnête à une spiritualité théâtrale.
Jérémie ne cache pas son cœur à Dieu.
Et Dieu ne le rejette pas pour autant.
LE PROPHÈTE QUI PLEURAIT AUSSI
Il faut comprendre cette expression.
Jérémie n'était pas seulement le prophète qui annonçait le jugement.
Il était aussi celui qui pleurait sur Jérusalem.
Il ne parlait pas du jugement avec plaisir.
Il avait mal pour le peuple auquel il annonçait le jugement.
C'est peut-être l'une des grandes différences entre un véritable cœur prophétique et une simple passion pour les paroles fortes :
le véritable serviteur de Dieu peut annoncer une vérité difficile avec des larmes dans les yeux.
Il ne cherche pas à voir les autres tomber.
Il désire leur repentance.
Il ne se réjouit pas de leur malheur.
Il souffre de leur égarement.
La vérité sans amour devient une arme.
Mais la vérité portée par un cœur brisé peut devenir un appel au réveil.
ET JÉRÉMIE A CONNU LA SOLITUDE
Il y a des saisons où tu peux être entouré de personnes
et te sentir profondément seul.
Personne ne comprend ton combat.
Personne ne comprend pourquoi tu continues.
Personne ne comprend pourquoi certaines choses te touchent autant.
Jérémie a connu cela.
Il portait une parole que beaucoup ne voulaient pas entendre.
Et parfois,
être fidèle à Dieu signifie accepter de ne pas être compris immédiatement.
Mais ne confonds pas incompréhension humaine et abandon divin.
Les hommes peuvent ne pas comprendre ton chemin.
Dieu, lui, le connaît.
IL Y A DES SAISONS OÙ LE PROPHÈTE DOIT AUSSI PLEURER
Nous voulons souvent la montagne.
Mais il existe aussi des vallées.
Nous voulons les victoires.
Mais il existe aussi des saisons d'attente.
Nous voulons les témoignages.
Mais il existe aussi des nuits où nous n'avons rien à raconter.
Et pourtant,
Dieu travaille aussi dans ces endroits-là.
Le Jérémie du chapitre 20 est aussi le Jérémie que Dieu avait appelé au chapitre 1.
Sa douleur n'annulait pas son appel.
Sa fatigue n'effaçait pas sa vocation.
Ses larmes ne prouvaient pas que Dieu l'avait abandonné.
ALORS SI TU PLEURES AUJOURD'HUI…
Ne te condamne pas.
Tu n'es pas nécessairement faible.
Tu n'es pas nécessairement loin de Dieu.
Tu es peut-être simplement fatigué.
Tu as peut-être porté trop longtemps.
Tu as peut-être donné beaucoup.
Tu as peut-être prié longtemps.
Tu as peut-être été fort pour tout le monde.
Et maintenant,
tu as besoin de déposer ton cœur devant Dieu.
Pleure si tu dois pleurer.
Prie si tu peux prier.
Silence-toi si tu n'as plus de mots.
Mais ne crois pas que tes larmes disqualifient ta foi.
Même un prophète pleurait.
MAIS N'ABANDONNE PAS LE FEU
Jérémie voulait se taire.
Mais il n'y arrivait pas.
Parce qu'il y avait quelque chose de Dieu en lui qui continuait de brûler.
Alors peut-être qu'aujourd'hui,
tu n'as plus beaucoup de force.
Mais s'il reste seulement une petite étincelle,
protège-la.
Tu n'as pas besoin de courir aujourd'hui.
Tu as peut-être simplement besoin de tenir.
Tu n'as pas besoin de conquérir une montagne aujourd'hui.
Tu as peut-être simplement besoin de passer la nuit.
Et demain,
Dieu donnera peut-être une nouvelle force.
RETIENS CECI
Le prophète peut pleurer.
Le serviteur peut être fatigué.
Le croyant peut traverser une nuit.
L'homme de foi peut avoir des questions.
Mais les larmes ne signifient pas nécessairement la fin.
Parfois,
elles annoncent simplement que tu as porté quelque chose de très lourd.
Jérémie pleurait.
Mais il continuait.
Il souffrait.
Mais il parlait encore.
Il voulait abandonner.
Mais le feu brûlait encore.
Et c'est peut-être là que se trouve ta victoire aujourd'hui :
tu n'es peut-être pas aussi fort qu'avant,
mais tu es encore là.
Tu n'as peut-être plus les mêmes mots,
mais tu pries encore.
Tu n'as peut-être plus la même énergie,
mais tu crois encore.
Tu n'as peut-être plus envie de courir,
mais tu refuses de renier Dieu.
Alors avance doucement.
Avec tes larmes.
Avec tes questions.
Avec tes blessures.
Avec ta foi.
Dieu n'a jamais demandé à Jérémie de ne jamais pleurer.
Il lui a demandé de rester fidèle.
Et parfois,
la plus grande victoire d'une journée n'est pas d'avoir remporté un grand combat.
C'est simplement de pouvoir dire :
«« Seigneur, je suis fatigué… mais je suis encore avec toi. »»
JÉRÉMIE : LE PROPHÈTE QUI PLEURAIT AUSSI.
Il avait du feu dans les os,
et des larmes dans les yeux.
Et peut-être que c'est aussi cela,
être un serviteur de Dieu :
avoir suffisamment de feu pour continuer,
et suffisamment de sensibilité pour pleurer.