Juges 13:1-14
Il y a des prières que nous faisons pour recevoir.
Et puis il y a des prières que nous faisons pour savoir quoi faire avec ce que Dieu nous donne.
Manoach nous enseigne cette deuxième prière.
Sa femme était stérile.
Puis un ange de l'Éternel lui annonce une naissance.
Un enfant va venir.
Un garçon.
Et cet enfant aura une mission particulière :
«« Ce sera lui qui commencera à délivrer Israël de la main des Philistins. »
— Juges 13:5»
Quelle promesse !
Un enfant annoncé avant même sa naissance.
Un enfant qui portera une destinée.
Mais lorsque Manoach apprend la nouvelle, il ne demande pas :
« Seigneur, comment vais-je profiter de cette bénédiction ? »
Il prie :
«« Seigneur, je te prie, que l'homme de Dieu que tu as envoyé revienne vers nous, et qu'il nous enseigne ce que nous devons faire pour l'enfant qui naîtra ! »
— Juges 13:8»
Cette prière est extraordinaire.
« Enseigne-nous ce que nous devons faire pour l'enfant. »
Manoach comprend quelque chose que beaucoup de parents oublient :
recevoir un enfant est une grâce ; l'élever est une responsabilité.
DIEU NE NOUS DONNE PAS TOUJOURS CE QUE NOUS SAVONS DÉJÀ GÉRER
Manoach reçoit une promesse qu'il ne sait pas encore porter.
Dieu lui annonce un enfant extraordinaire.
Mais Manoach sait qu'une destinée extraordinaire nécessite une éducation particulière.
Il comprend :
« Seigneur, si cet enfant vient de Toi, nous avons besoin de Toi pour savoir comment l'élever. »
Quelle humilité !
Parce que parfois, nous prions beaucoup pour recevoir quelque chose de Dieu...
mais nous prions très peu pour savoir comment le gérer une fois que nous l'avons reçu.
Nous demandons :
« Seigneur, donne-moi un enfant. »
Mais demandons-nous :
« Seigneur, apprends-moi à être père. »
Nous demandons :
« Donne-moi un ministère. »
Mais demandons-nous :
« Seigneur, apprends-moi à porter les personnes que Tu vas me confier. »
Nous demandons :
« Donne-moi une position. »
Mais demandons-nous :
« Seigneur, apprends-moi à gérer l'autorité sans détruire ceux qui sont sous ma responsabilité. »
Nous demandons la bénédiction.
Mais parfois, nous oublions de demander la sagesse nécessaire pour la porter.
MANOACH NE VOULAIT PAS SEULEMENT SAVOIR CE QUE L'ENFANT DEVIENDRAIT
L'ange lui avait déjà annoncé quelque chose de grand.
Samson serait consacré à Dieu.
Il commencerait à délivrer Israël.
Mais Manoach pose une autre question.
En substance :
« Très bien, Seigneur. Mais maintenant, qu'allons-nous faire ? »
C'est magnifique.
Parce qu'il ne s'intéresse pas uniquement à la destination de l'enfant.
Il s'intéresse à son éducation.
Il ne demande pas seulement :
« Quelle sera sa destinée ? »
Il demande :
« Comment devons-nous marcher avec lui jusqu'à cette destinée ? »
Et cela devrait changer notre manière de regarder nos enfants.
Un enfant n'est pas seulement quelqu'un dont nous devons annoncer l'avenir.
C'est quelqu'un que nous devons accompagner aujourd'hui.
Ne dis pas seulement :
« Mon fils sera un grand homme. »
Demande :
« Est-ce que je suis en train de lui transmettre aujourd'hui ce dont le grand homme de demain aura besoin ? »
Ne dis pas seulement :
« Ma fille sera une grande servante de Dieu. »
Demande :
« Est-ce que mon comportement lui apprend réellement à aimer Dieu ? »
L'ENFANT EST UN DÉPÔT, PAS UNE PROPRIÉTÉ
Voilà une vérité profonde.
Dieu avait donné Samson à Manoach.
Mais Samson n'appartenait pas à Manoach.
Il appartenait à Dieu.
Cela change tout.
Nos enfants nous sont confiés.
Ils ne sont pas notre propriété.
Ils ont leur propre personnalité.
Leur propre vocation.
Leur propre relation avec Dieu.
Notre rôle n'est pas de fabriquer nos enfants selon nos ambitions.
Notre rôle est de les aider à découvrir ce que Dieu veut faire de leur vie.
Il y a des parents qui veulent que leurs enfants réalisent leurs rêves inachevés.
Le père voulait devenir médecin ?
Alors son fils doit devenir médecin.
La mère voulait faire de grandes études ?
Alors sa fille doit suivre exactement le même chemin.
Mais Dieu peut avoir une autre pensée.
Un enfant n'est pas une deuxième chance donnée à un parent de vivre sa propre vie.
C'est une personne confiée à ses soins.
« APPRENDS-NOUS »
Remarquez le mot.
Manoach ne dit pas :
« Seigneur, apprends-moi. »
Il dit :
« Apprends-nous. »
Il comprend que cette responsabilité ne concerne pas seulement le père.
Elle concerne la famille.
La naissance d'un enfant transforme une maison.
Et l'éducation ne peut pas reposer uniquement sur l'école.
Ni uniquement sur l'Église.
Ni uniquement sur la mère.
Ni uniquement sur le père.
Toute la maison doit apprendre.
Parce qu'un enfant apprend autant de ce qu'il voit que de ce qu'on lui dit.
Tu peux lui dire :
« Prie. »
Mais s'il te voit mépriser Dieu...
il apprendra autre chose.
Tu peux lui dire :
« Respecte les autres. »
Mais s'il te voit humilier les gens...
il apprendra autre chose.
Tu peux lui dire :
« Dis la vérité. »
Mais s'il te voit mentir lorsqu'une situation devient difficile...
il apprendra autre chose.
Nos enfants lisent nos vies avant de lire nos paroles.
SEIGNEUR, APPRENDS-NOUS À ÉLEVER CE QUE TU NOUS AS DONNÉ
Cette prière ne concerne pas uniquement les enfants.
Elle peut concerner tout ce que Dieu met entre nos mains.
« Seigneur, apprends-moi à gérer ce que Tu m'as donné. »
Tu m'as donné une famille.
Apprends-moi à l'aimer.
Tu m'as donné un ministère.
Apprends-moi à le porter.
Tu m'as donné des responsabilités.
Apprends-moi à les exercer.
Tu m'as donné des personnes.
Apprends-moi à ne pas les écraser.
Tu m'as donné des ressources.
Apprends-moi à les administrer.
Tu m'as donné une influence.
Apprends-moi à ne pas en devenir esclave.
Tout don de Dieu devient aussi une responsabilité devant Dieu.
IL Y A DES PARENTS QUI PRIENT POUR LE MIRACLE, MAIS PAS POUR LA SAGESSE
C'est peut-être l'une des grandes leçons de Manoach.
Il aurait pu être tellement heureux d'avoir enfin un enfant qu'il oublie la responsabilité qui l'attend.
Mais il comprend :
« Cet enfant sera différent. Nous devons être préparés. »
Aujourd'hui, certains parents passent des nuits à prier pour la réussite de leurs enfants.
Ils prient :
« Seigneur, qu'il réussisse à l'école. »
« Seigneur, qu'il trouve un bon travail. »
« Seigneur, qu'il se marie. »
« Seigneur, qu'il devienne quelqu'un. »
Mais prions aussi :
« Seigneur, donne-moi la sagesse pour l'accompagner. »
Parce qu'un enfant peut avoir un excellent diplôme et manquer de caractère.
Il peut avoir de l'argent et manquer de sagesse.
Il peut être célèbre et être intérieurement détruit.
Il peut avoir une grande destinée et ne pas savoir comment la porter.
La réussite sans caractère peut devenir une catastrophe.
SAMSON AVAIT UNE GRANDE DESTINÉE, MAIS SA VIE NOUS MONTRE AUSSI LES DANGERS
C'est ici que l'histoire devient encore plus profonde.
Dieu avait annoncé quelque chose de grand concernant Samson.
Mais Samson connaîtra également de graves faiblesses.
Il sera puissant contre les Philistins...
mais faible devant certaines femmes.
Il aura une grande force physique...
mais connaîtra de grandes fragilités intérieures.
Il sera consacré...
mais prendra parfois des décisions désastreuses.
Cela nous rappelle quelque chose :
Une grande destinée ne dispense jamais d'une grande formation du caractère.
Et c'est précisément pourquoi Manoach avait raison de demander :
« Seigneur, apprends-nous. »
Parce qu'il ne suffit pas de savoir que Dieu a une destinée pour quelqu'un.
Il faut apprendre à préparer cette personne à la porter.
NE CONFONDS PAS DESTINÉE ET IMMUNITÉ
Quelqu'un peut être appelé par Dieu et avoir besoin d'être corrigé.
Quelqu'un peut avoir un don et avoir besoin de caractère.
Quelqu'un peut être oint et avoir besoin de discipline.
Quelqu'un peut avoir une grande vision et avoir besoin d'apprendre l'humilité.
L'appel n'annule pas la formation.
Et c'est une leçon aussi importante pour les parents que pour les responsables spirituels.
Ne disons pas seulement :
« Cet enfant est spécial. »
Disons aussi :
« Cet enfant doit être formé. »
PARENTS, VOS ENFANTS VOUS REGARDENT
Ils regardent comment vous traversez les difficultés.
Ils regardent comment vous traitez votre conjoint.
Ils regardent comment vous parlez des autres.
Ils regardent comment vous gérez l'argent.
Ils regardent comment vous réagissez lorsque vous êtes en colère.
Ils regardent ce que vous faites lorsque personne ne vous voit.
Et parfois, sans le savoir...
vous êtes en train de leur enseigner leur futur.
Alors prions comme Manoach :
« Seigneur, apprends-nous. »
Parce que nous ne voulons pas seulement donner à nos enfants une bonne éducation.
Nous voulons leur donner un héritage de foi, de caractère et de sagesse.
IL FAUT SAVOIR DEMANDER DE L'AIDE
Manoach ne prétend pas tout savoir.
Il ne dit pas :
« Je suis père, je saurai me débrouiller. »
Il demande à Dieu de l'enseigner.
Quelle humilité !
Il y a des parents qui ont peur de reconnaître :
« Je ne sais pas comment faire. »
Mais reconnaître que l'on ne sait pas est parfois le début de la sagesse.
Tu peux aimer ton enfant profondément...
et avoir besoin d'apprendre comment l'accompagner.
Tu peux être père...
et avoir besoin d'être enseigné.
Tu peux être mère...
et avoir besoin de sagesse.
Demander de l'aide n'est pas un aveu d'échec.
C'est parfois une preuve d'amour.
ET SI CE QUE DIEU T'A DONNÉ TE DÉPASSE ?
Peut-être que tu regardes quelque chose dans ta vie et tu te dis :
« Seigneur, je ne sais pas comment gérer cela. »
Alors fais la prière de Manoach.
« Seigneur, apprends-moi. »
Pas seulement :
« Donne-moi. »
Mais :
« Apprends-moi. »
Pas seulement :
« Bénis-moi. »
Mais :
« Forme-moi. »
Pas seulement :
« Ouvre-moi une porte. »
Mais :
« Donne-moi la sagesse pour entrer par cette porte. »
Pas seulement :
« Donne-moi une destinée. »
Mais :
« Apprends-moi à la porter. »
CONCLUSION
Manoach voulait un enfant.
Dieu lui a donné plus qu'un enfant :
un dépôt.
Un garçon.
Une destinée.
Une responsabilité.
Et devant cette responsabilité, Manoach ne se présente pas comme quelqu'un qui sait déjà tout.
Il prie :
«« Seigneur, apprends-nous ce que nous devons faire pour l'enfant. »»
Quelle belle prière pour aujourd'hui !
Seigneur, apprends-nous à élever nos enfants.
Apprends-nous quand parler.
Apprends-nous quand nous taire.
Apprends-nous quand corriger.
Apprends-nous quand encourager.
Apprends-nous à poser des limites sans briser leur cœur.
Apprends-nous à aimer sans tout permettre.
Apprends-nous à corriger sans humilier.
Apprends-nous à transmettre la foi sans fabriquer des religieux.
Apprends-nous à montrer Christ par notre propre vie.
Et surtout...
apprends-nous à ne pas posséder ce que Tu nous as seulement confié.
Car nos enfants ne sont pas nos trophées.
Nos ministères ne sont pas nos propriétés.
Nos dons ne sont pas nos possessions.
Nos ressources ne sont pas notre identité.
Tout ce que Dieu met entre nos mains est un dépôt.
Alors, Seigneur...
si Tu nous donnes quelque chose que nous ne savons pas encore porter, ne nous laisse pas seulement recevoir le don.
APPRENDS-NOUS À LE PORTER.
APPRENDS-NOUS À LE PROTÉGER.
APPRENDS-NOUS À LE FAIRE GRANDIR.
APPRENDS-NOUS À LE CONDUIRE VERS TOI.
Parce qu'au dernier jour, la grande question ne sera peut-être pas seulement :
« Qu'as-tu reçu ? »
Mais aussi :
« Qu'as-tu fait de ce que Je t'avais confié ? »
Et puisse notre réponse être :
« Seigneur, nous avons fait de notre mieux, mais surtout, nous T'avons demandé de nous apprendre. »